SOURATE AN NISA

4. Sourate des Femmes (An-Nisâ’)
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
[1] Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être et
qui, ayant tiré de celui-ci son épouse, fit naître de ce couple tant d’êtres
humains, hommes et femmes ! Craignez Dieu au nom duquel vous vous
demandez mutuellement assistance ! Respectez les liens du sang. En
vérité, Dieu vous observe en permanence. [2] Restituez aux orphelins leur
héritage ! Ne substituez pas ce que vous possédez de mauvais à ce qu’ils
possèdent de bon ! Ne vous emparez pas de leur patrimoine en
l’incorporant au vôtre, car ce serait là un crime abominable ! [3] Si vous
craignez, en épousant des orphelines, de vous montrer injustes envers
elles, sachez qu’il vous est permis d’épouser en dehors d’elles, parmi les
femmes de votre choix, deux, trois ou quatre épouses. Mais si vous
craignez encore de manquer d’équité à l’égard de ces épouses, n’en prenez
alors qu’une seule, libre ou choisie parmi vos esclaves. C’est pour vous le
moyen d’être aussi équitables que possible. [4] Remettez à vos femmes
leur dot en toute propriété. Mais si elles vous en abandonnent une partie,
de bon gré, vous pouvez en disposer en toute tranquillité. [5] Ne confiez
pas aux incapables la gestion des biens que Dieu vous a donnés pour
subsister. Assurez-leur cependant, sur ces biens, de quoi vivre et
s’habiller, et tenez-leur toujours un langage empreint de bienveillance et
de bonté. [6] Mettez à l’épreuve le degré de maturité des orphelins jusqu’à
l’âge de la puberté ; et si vous constatez qu’ils ont acquis un bon
jugement, remettez-leur leur héritage. Gardez-vous de vous empresser de
le dilapider, avant leur majorité. Si le tuteur est riche, qu’il s’abstienne de
toucher aux biens de ses pupilles ; et s’il est pauvre, il ne doit en user que
de façon modérée. Au moment de remettre aux orphelins leurs biens,
assurez-vous la présence de témoins, quoique Dieu, pour recevoir des
comptes, suffise amplement.
[7] Il revient aux héritiers mâles une part dans l’héritage laissé par leurs
ascendants ou leurs proches ; de même qu’il revient aux femmes une part
dans l’héritage laissé par leurs ascendants ou leurs proches. Et quelle que
soit l’importance de la succession, cette quotité est une obligation.
[8] Lorsque des proches non héritiers, des orphelins ou des nécessiteux
sont présents au partage de l’héritage, on leur en offrira quelque chose et
on leur adressera quelques paroles aimables. [9] Que les tuteurs se
représentent un instant les craintes qu’ils ressentiraient pour leurs propres
enfants en bas âge, s’ils étaient eux-mêmes à l’article de la mort ! Qu’ils
craignent donc Dieu et qu’ils traitent avec justice et tendresse leurs
pupilles, [10] car ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins
n’introduisent que le feu dans leurs entrailles, et ils sont voués à l’Enfer.
[11] En ce qui concerne vos enfants, Dieu vous prescrit d’attribuer au
garçon une part égale à celle de deux filles. S’il n’y a que des filles, et
qu’elles soient au moins deux, il leur sera attribué les deux tiers de ce que
laisse le défunt ; mais s’il n’y en a qu’une seule, elle en prendra la moitié.
Si le défunt laisse un enfant, les ascendants, père et mère, auront chacun
un sixième de l’héritage. Mais s’il ne laisse pas d’enfant, et que ses père et
mère soient ses seuls héritiers, la mère aura droit au tiers. S’il laisse des
frères et des sœurs, sa mère aura le sixième, après que les legs et les dettes
du défunt auront été acquittés. De vos ascendants ou de vos descendants,
vous ne savez pas lesquels vous sont les plus dévoués. C’est là une
obligation divine à observer. Dieu est Omniscient et Sage.
[12] La moitié de ce que laissent vos épouses vous revient, si elles n’ont
pas d’enfants ; mais si elles en laissent, vous n’aurez droit qu’au quart de
ce qu’elles laissent, après que les legs et les dettes grevant la succession
auront été acquittés. Vos épouses ont droit au quart de ce que vous laissez,
si vous n’avez pas d’enfants ; mais si vous en avez, elles n’auront droit
qu’au huitième de ce que vous laissez, déduction faite de tout legs ou dette
grevant la succession. Quand un homme ou une femme meurt sans laisser
d’ascendants ou de descendants, à la survivance d’un demi-frère ou d’une
demi-sœur d’une même mère, chacun de ces derniers aura droit à un
sixième ; mais s’ils sont plus nombreux, ils se répartiront le tiers de
l’héritage, déduction faite de tout legs ou dette non préjudiciable aux
héritiers. C’est ce que Dieu vous recommande, car Il est Omniscient et
Plein de mansuétude. [13] Telles sont les limites fixées par Dieu. Tous
ceux qui obéissent à Dieu et à Son Prophète seront accueillis dans des
Jardins arrosés d’eaux vives où ils demeureront pour l’éternité, et ce sera
pour eux la félicité suprême. [14] Celui qui, en revanche, désobéit à Dieu
et à Son Prophète et qui transgresse Ses lois, Dieu le précipitera dans
l’Enfer pour l’éternité, où un supplice avilissant lui sera infligé.
[15] Celles de vos femmes qui se rendent coupables de perversité,
requérez contre elles le témoignage de quatre d’entre vous. Si le
témoignage est confirmatif, enfermez les coupables sous un toit jusqu’à ce
que la mort vienne mettre fin à leur vie ou que Dieu leur offre une autre
issue. [16] Si deux individus parmi vous se livrent à la débauche, sévissez
contre eux. S’ils se repentent et s’amendent, laissez-les en paix, car Dieu
est Clément et Miséricordieux. [17] Dieu pardonne seulement à ceux qui
font le mal par ignorance et qui se repentent aussitôt. À ceux-là, Dieu
accorde Son pardon, car Dieu est Omniscient et Sage. [18] Mais aucun
pardon ne sera accordé à ceux qui continuent inlassablement à pécher et
qui, à l’approche de la mort, disent : « À présent, nous nous repentons ! »,
ni à ceux qui meurent en état d’infidélité. À tous ceux-là seront réservées
d’affreuses souffrances.
[19] Ô croyants ! Il ne vous est pas permis de vous attribuer des femmes
par voie d’héritage contre leur gré. Ne les soumettez pas à des contraintes,
dans le but de leur reprendre une partie de ce que vous leur avez donné, à
moins qu’elles n’aient commis un adultère prouvé. Entretenez de bons
rapports avec vos femmes ; et si vous avez quelque aversion pour
certaines d’entre elles, sachez que l’on peut avoir parfois de l’aversion
pour une chose qui peut cependant être pour vous la source d’un grand
bonheur.
[20] Si vous voulez épouser une femme à la place d’une autre, et que vous
ayez donné une dot d’un quintal d’or à celle que vous répudiez, il vous
sera interdit d’en rien prélever, car ce serait une infamie flagrante et une
injustice manifeste. [21] D’ailleurs, comment oseriez-vous leur reprendre
quoi que ce soit, après l’union intime qui vous a liés et les promesses
solennelles que vous avez échangées ? [22] Désormais, n’épousez plus les
femmes que vos pères ont eues pour épouses. Cette interdiction ne
s’applique pas au passé. En fait, une telle pratique constitue un acte
abominable, une ignominie et une union odieuse. [23] Il vous est interdit
d’épouser vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes paternelles, vos
tantes maternelles, les filles de vos frères, les filles de vos sœurs, les
nourrices qui vous ont allaités, vos sœurs de lait, vos belles-mères, vos
belles-filles, qui sont nées des femmes avec lesquelles vous avez
consommé le mariage. Toutefois, il n’y a pas d’interdiction si le mariage
avec la mère n’a pas été consommé. Il vous est également interdit
d’épouser les femmes de vos propres fils et d’avoir pour épouses deux
sœurs en même temps. Cette interdiction ne concerne pas le passé, car
Dieu est Clément et Miséricordieux.
[24] Il vous est aussi interdit d’épouser des femmes déjà mariées, à moins
qu’elles ne soient vos captives de guerre. Telles sont les prescriptions du
Seigneur. Excepté ces interdictions, il vous est loisible d’utiliser vos biens
pour vous marier honnêtement et non pour vivre en concubinage. C’est
une obligation pour vous de remettre la dot convenue à celle avec laquelle
vous aurez consommé le mariage. Mais il n’y a aucun inconvénient à ce
que vous modifiiez le montant de la dot d’un commun accord par la suite,
car Dieu est, en vérité, Omniscient et Sage.
[25] Quiconque d’entre vous n’a pas les moyens d’épouser des femmes de
condition libre et croyantes prendra femme parmi vos jeunes esclaves
croyantes. Dieu seul est à même d’apprécier la sincérité de votre foi. Vous
êtes tous issus les uns des autres. Épousez-les donc avec l’autorisation de
leurs maîtres et versez-leur une dot convenable à l’instar des femmes
libres et non des débauchées ni des femmes de mœurs légères. Si, une fois
affranchies par le mariage, elles commettent l’adultère, la peine à leur
appliquer sera la moitié de celle qui est prévue pour une femme de
condition libre. Telle est la règle à suivre par ceux d’entre vous qui
redoutent de tomber dans le vice. Cependant, il est meilleur pour vous de
patienter. Dieu est Clément et Miséricordieux.
[26] C’est ainsi que Dieu veut vous exposer clairement Ses
enseignements, vous indiquer les traditions de ceux qui vous ont précédés
et vous faire bénéficier de Son pardon, car Dieu est Omniscient et Sage.
[27] Dieu veut vous faire bénéficier de Son pardon, tandis que ceux qui se
laissent dominer par leurs passions veulent vous entraîner sur une pente
dangereuse. [28] Dieu veut alléger certaines de vos obligations, sachant
bien que l’homme a été créé faible.
[29] Ô vous qui croyez ! Ne vous dépossédez pas les uns les autres de vos
biens par des procédés malhonnêtes ! Que vos échanges soient fondés sur
des transactions librement consenties. N’attentez pas non plus à vos jours,
car Dieu est Plein de compassion pour vous. [30] Quiconque agira de la
sorte en usant de méchanceté et d’injustice sera par Nous précipité dans
l’Enfer, chose si aisée pour le Seigneur. [31] Si vous évitez de commettre
les péchés les plus graves qui vous sont interdits, Nous effacerons vos
péchés véniels et Nous faciliterons grandement votre accès au Paradis.
[32] N’enviez pas les faveurs par lesquelles Dieu a élevé certains d’entre
vous au-dessus des autres. Aux hommes reviendra la part qu’ils auront
méritée par leurs œuvres et aux femmes reviendra la part qu’elles auront
méritée par leurs œuvres. Demandez à Dieu plutôt de vous accorder un
peu de Sa grâce, car Il est parfaitement au courant de toute chose. [33] À
chacun Nous avons désigné des héritiers de ce que laissent les père et
mère, les proches et ceux auxquels vous êtes liés par un pacte. Donnez-
leur la part qui doit leur revenir. Dieu est Témoin de tous vos actes.
[34] Les hommes ont la charge et la direction des femmes en raison des
avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et en raison aussi des
dépenses qu’ils effectuent pour assurer leur entretien. En revanche, les
épouses vertueuses demeurent toujours fidèles à leurs maris pendant leur
absence et préservent leur honneur, conformément à l’ordre que Dieu a
prescrit. Pour celles qui se montrent insubordonnées, commencez par les
exhorter, puis ignorez-les dans votre lit conjugal et, si c’est nécessaire,
corrigez-les. Mais dès qu’elles redeviennent raisonnables, ne leur
cherchez plus querelle. Dieu est le Maître Souverain. [35] Si une rupture
entre les deux conjoints est à craindre, suscitez alors un arbitre de la
famille de l’époux et un arbitre de la famille de l’épouse. Si les deux
conjoints ont le réel désir de se réconcilier, Dieu favorisera leur entente,
car Dieu est Omniscient et parfaitement Informé.
[36] Adorez Dieu, sans rien Lui associer ! Soyez bons envers vos parents,
vos proches, les orphelins, les pauvres, les voisins qu’ils soient de votre
sang ou éloignés, ainsi que vos compagnons de tous les jours, les
voyageurs de passage et les esclaves que vous possédez, car Dieu n’aime
pas les arrogants vantards, [37] ainsi que les avares qui recommandent
l’avarice à leurs semblables et dissimulent les faveurs dont Dieu les a
gratifiés. Nous réservons un châtiment ignominieux aux impies
[38] qui ne font l’aumône que par ostentation alors qu’ils ne croient ni en
Dieu ni au Jugement dernier. En réalité, celui qui a Satan pour acolyte ne
peut avoir qu’un méchant compagnon. [39] Que perdraient-ils à croire en
Dieu et au Jugement dernier, à donner en aumône une partie des biens que
Dieu leur a prodigués ? Dieu les connaît si bien ! [40] En vérité, Dieu ne
saurait léser personne, pas même du poids d’un atome ; et s’il s’agit d’une
bonne action, Il en multiplie la valeur et lui attribue une récompense au-
delà de toute limite.
[41] Qu’adviendra-t-il des négateurs lorsque, de chaque communauté,
Nous amènerons un témoin à charge, et que Nous t’amènerons toi-même
pour témoigner contre eux ? [42] Ce jour-là, ceux qui auront été
incrédules et qui auront désobéi au Prophète souhaiteront être engloutis
par la terre, sachant qu’ils ne pourront rien dissimuler à Dieu !
[43] Ô vous qui croyez ! Ne faites pas la salât lorsque vous êtes ivres ;
attendez que vous ayez retrouvé votre lucidité ! Ne la faites pas non plus
lorsque vous êtes en état d’impureté ; attendez que vous ayez fait vos
grandes ablutions, à moins que vous ne soyez en voyage ! Si vous êtes
malades ou en voyage, ou si vous venez de satisfaire vos besoins naturels,
ou si vous avez approché une femme et que vous ne trouviez pas d’eau,
utilisez alors de la terre propre pour vous en essuyer le visage et les mains,
car Dieu est Indulgent et Miséricordieux.
[44] Ne vois-tu pas comment ceux qui ont reçu une partie du Livre ne font
que courir après l’erreur, en souhaitant tant vous y précipiter à votre tour ?
[45] C’est Dieu qui connaît le mieux vos vrais ennemis, car Dieu est votre
meilleur Maître et votre Allié le plus sûr. [46] Parmi les juifs, il en est qui
altèrent le sens du discours, et disent : « Nous avons entendu et nous
refusons d’obéir. Écoute ! Puisses-tu ne rien entendre ! » Et ils ajoutent :
« Aie des égards pour nous ! », en employant le terme équivoque râ`inâ,
avec l’intention de dénigrer la religion. Que ne disent-ils plutôt : « Nous
avons entendu et nous avons obéi ! Écoute et regarde-nous ! » C’eût été
préférable pour eux et plus loyal. Mais Dieu les a maudits pour leur
impiété et pour la tiédeur de leur croyance.
[47] Ô vous qui détenez les Écritures ! Croyez au Coran que Nous
révélons pour confirmer ce que vous aviez déjà, avant que Nous couvrions
d’avilissement et d’humiliation certains visages ou que Nous les
maudissions, comme Nous avons maudit les profanateurs du Sabbat.
L’ordre de Dieu est toujours suivi d’exécution. [48] Dieu ne pardonne
point qu’on Lui associe d’autres divinités ; mais Il pardonne à qui Il veut
les autres péchés, car celui qui associe à Dieu d’autres divinités commet
un forfait d’une exceptionnelle gravité ! [49] As-tu remarqué comment ces
gens-là s’attribuent des vertus de leur propre autorité, alors que c’est Dieu
qui en octroie à qui Il veut, sans jamais léser personne, même pas de la
moindre brindille ? [50] Regarde comme ils débitent des mensonges sur le
compte de Dieu ! Et c’est déjà là un crime monstrueux ! [51] N’as-tu pas
remarqué que ceux qui ont reçu une partie des Écritures continuent à
croire à la sorcellerie et aux idoles, en disant des païens qu’ils étaient sur
une voie meilleure que celle des croyants ?
[52] Voilà ceux que Dieu a maudits ! Et jamais ceux que Dieu a maudits
ne trouveront de protecteur ! [53] Parviendraient-ils à détenir une part de
l’empire du monde qu’ils n’en céderaient pas la moindre particule !
[54] Seraient-ils jaloux de ceux que Dieu a honorés de Sa grâce ? Mais
n’avons-Nous pas déjà octroyé à la famille d’Abraham l’Écriture et la
Sagesse ainsi qu’un immense empire ? [55] Certains parmi eux y ont cru
et d’autres s’en sont écartés. Mais, pour ces derniers, la Géhenne est une
peine bien suffisante.
[56] En vérité, ceux qui auront renié Nos signes, Nous les précipiterons
dans l’Enfer et, chaque fois que leur peau aura été consumée, Nous leur en
donnerons une autre en échange, afin qu’ils savourent toute l’horreur de
leur supplice, car Dieu est Puissant et Sage. [57] À ceux qui croient en
Dieu et qui accomplissent de bonnes œuvres Nous donnerons, pour séjour
éternel, des Jardins où couleront des ruisseaux et où ils auront des épouses
exemptes de toute souillure avec lesquelles ils mèneront, sous de frais
ombrages, une vie éternelle.
[58] Dieu vous prescrit de restituer les dépôts à leurs propriétaires et de
vous montrer équitables quand vous êtes appelés à juger vos semblables.
C’est là une noble mission que Dieu vous exhorte à remplir. Dieu entend
tout, voit tout. [59] Ô croyants ! Obéissez à Dieu, obéissez au Prophète et
à ceux d’entre vous qui détiennent le pouvoir. En cas de litige entre vous,
référez-vous-en à Dieu et au Prophète, si votre croyance en Dieu et au
Jugement dernier est sincère. C’est là la démarche la plus sage et la
meilleure voie à choisir.
[60] N’est-il pas étonnant de voir ces gens qui prétendent croire à ce qui
t’a été révélé et à ce qui a été révélé avant toi recourir à l’arbitrage des
fausses divinités, qu’ils avaient pourtant reçu ordre de renier ? Ainsi,
Satan veut les enfoncer encore davantage dans la voie de l’égarement.
[61] Et lorsqu’on les invite à se rallier aux révélations de Dieu et à Son
Prophète, on voit ces hypocrites faire la sourde oreille et littéralement
s’enfuir. [62] Qu’adviendra-t-il lorsqu’un malheur, sanctionnant leurs
propres agissements, s’abattra sur eux, et qu’ils viendront vers toi, jurant
par Dieu qu’ils ne désiraient que la concorde et la bonne entente entre les
hommes ? [63] Ces gens-là, Dieu sait ce que recèlent leurs cœurs.
Cependant, ne leur tiens pas rigueur. Exhorte-les et adresse-leur des
propos susceptibles de les convaincre.
[64] Si Nous envoyons un prophète, c’est uniquement pour qu’on lui
obéisse avec l’aide du Seigneur. Si, donc, ces gens-là qui se sont fait du
tort à eux-mêmes s’étaient adressés à toi pour implorer le pardon de Dieu,
en sollicitant ton intercession, ils auraient sûrement trouvé auprès du
Seigneur clémence et miséricorde. [65] Non ! Par ton Seigneur ! Ces gens
ne seront de vrais croyants que lorsqu’ils t’auront pris pour juge de leurs
différends et auront accepté tes sentences sans ressentiment, en s’y
soumettant entièrement.
[66] Si Nous leur avions ordonné de se faire tuer ou de s’expatrier pour la
Cause de Dieu, bien peu parmi eux auraient accepté de le faire. Et,
pourtant, s’ils s’étaient conformés à Nos exhortations, c’eût été meilleur
pour eux et leur foi en eût été certainement raffermie. [67] Nous les en
aurions alors largement récompensés [68] et les aurions dirigés vers le
droit chemin, [69] car ceux qui obéissent à Dieu et à Son Prophète feront
partie de ceux que Dieu aura comblés de Sa grâce, parmi les prophètes, les
justes, les martyrs et les saints. Et quels excellents compagnons que ceux-
là ! [70] C’est là une grâce émanant du Seigneur qui Seul connaît ceux qui
la méritent.
[71] Ô vous qui croyez ! Soyez toujours vigilants, et volez au combat par
détachements ou en masse ! [72] Il y a parmi vous des traînards peu
empressés à aller au combat qui, lorsque vous subissez un revers,
s’écrieront : « C’est une bénédiction de Dieu que nous n’ayons pas pris
part à cet engagement ! » [73] Mais, si Dieu vous favorise, ils déclareront
comme si aucun lien ne les unissait à vous : « Ah ! Comme nous aurions
voulu être avec eux à cette bataille ! Nous aurions certainement remporté
un riche butin ! »
[74] Que ceux qui veulent sacrifier la vie d’ici-bas à la vie future
combattent au service du Seigneur ! À ceux qui combattent pour la Cause
de Dieu, qu’ils se fassent tuer ou qu’ils soient vainqueurs, Nous
accorderons une immense récompense.
[75] Pourquoi ne combattriez-vous pas dans la Voie de Dieu pour
défendre les opprimés, hommes, femmes et enfants dont les cris ne cessent
de retentir : « Seigneur ! Délivre-nous de cette cité à la populace si
cruelle ! Envoie-nous de Ta part un protecteur et désigne-nous un
défenseur ! » ? [76] Pendant que les croyants se battent pour la Cause du
Seigneur, les négateurs combattent pour leurs idoles. Combattez donc les
suppôts de Satan ; en vérité, les stratagèmes de Satan sont des plus
fragiles.
[77] N’as-tu pas remarqué la réaction de certains de ces gens à qui on
avait dit de cesser les hostilités et de se consacrer à l’accomplissement de
la salât et à la pratique de la zakât et qui, lorsque l’ordre de reprendre le
combat fut ensuite donné, se mirent à craindre l’ennemi comme on craint
Dieu, sinon plus encore ? « Seigneur, s’écrièrent-ils, pourquoi nous
prescris-Tu de reprendre le combat ? Que ne reportes-Tu cette prescription
à une date ultérieure ? » Dis-leur : « Le plaisir que procure la vie en ce
monde est bien précaire, tandis que la vie future a bien plus de valeur pour
les croyants qui n’y subiront pas la moindre injustice. » [78] Où que vous
soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dissimulés dans des tours
inexpugnables ! Quand ils ont à se féliciter d’un événement heureux, ils
disent : « Cela vient de Dieu ! » ; mais quand ils ont à déplorer un malheur
qui les frappe, ils t’accusent, toi, Prophète, d’en être l’auteur. Dis-leur :
« Tout événement procède de Dieu. » Que ces gens-là sont durs à
comprendre ! [79] Tout bien qui t’arrive vient de Dieu et tout mal qui te
frappe trouve son origine en toi-même. Nous t’avons envoyé comme
Messager aux hommes. Le témoignage de Dieu est largement suffisant.
[80] Celui qui obéit au Prophète obéit en fait à Dieu. Quant à ceux qui se
détournent de toi, Nous ne t’avons pas envoyé pour assurer leur
sauvegarde.
[81] Ils disent en ta présence : « Nous t’obéissons » ; mais, aussitôt qu’ils
te quittent, certains d’entre eux commencent à comploter en secret pour
contrecarrer tes ordres. Or, Dieu enregistre toutes leurs manigances. Ne te
laisse donc pas impressionner par leurs manœuvres ! Mets plutôt ta
confiance en Dieu dont la seule garantie te suffira ! [82] Ne méditent-ils
donc jamais le Coran ? S’il émanait d’un autre que Dieu, n’y trouveraient-
ils pas de multiples contradictions ? [83] Reçoivent-ils une nouvelle,
rassurante ou alarmante, ils s’empressent de la diffuser, alors qu’ils
auraient dû, avant tout, en référer au Prophète et à leurs chefs qui seuls
sont à même d’en connaître la portée et d’en apprécier la véracité. En
vérité, n’eussent été la grâce du Seigneur et Sa miséricorde, vous auriez
tous, à de rares exceptions, été entraînés par Satan.
[84] Persévère dans le combat pour la Cause de Dieu et, bien que tu ne
sois responsable que de toi-même, stimule l’ardeur des fidèles au combat,
car Dieu brisera bien, un jour ou l’autre, la puissance des infidèles ! Dieu
est infiniment plus Puissant et autrement plus Redoutable dans Son
châtiment. [85] Celui qui intercède dans un but louable en aura sa part et
celui qui intercède dans un but blâmable en aura sa part. Dieu veille sur
toute chose.
[86] Lorsqu’on vous adresse un salut, rendez-le de façon plus courtoise ou
tout au moins rendez-le ! Dieu vous demandera compte de tout.
[87] Dieu, en dehors de qui il n’y a point de divinité, vous rassemblera au
Jour du Jugement dernier. Il n’y a point de doute là-dessus, et il n’est de
propos plus véridiques que Ceux du Seigneur.
[88] Qu’avez-vous à vous diviser en deux clans à propos des hypocrites ?
Dieu ne les a-t-Il pas refoulés dans le camp des impies pour prix de leurs
agissements ? Vous voulez donc remettre dans le droit chemin ceux que
Dieu a égarés ? Mais il n’y a point de rachat pour ceux que Dieu a voués à
l’égarement. [89] Ils souhaitent tant vous voir perdre votre foi comme ils
l’ont eux-mêmes perdue, pour que vous soyez tous pareils. Ne formez pas
de liaisons avec eux, tant qu’ils ne se seront pas engagés résolument dans
la Voie du Seigneur. Mais s’ils optent carrément pour l’apostasie,
saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez ! Gardez-vous de prendre
parmi eux des amis ou des auxiliaires, [90] excepté ceux qui rejoignent un
clan avec lequel vous avez conclu un pacte, ou ceux qui viennent à vous,
le cœur meurtri, ne sachant s’ils doivent combattre contre vous ou contre
leur propre clan. Or, si Dieu l’avait voulu, Il les aurait poussés contre vous
et ils vous auraient attaqués. Si donc ces gens-là se tiennent à l’écart, et au
lieu de vous attaquer vous offrent la paix, Dieu ne vous donne plus aucun
droit de les inquiéter. [91] Vous en trouverez d’autres qui désirent avoir
des rapports pacifiques aussi bien avec vous qu’avec les leurs, mais qui,
chaque fois qu’ils sont invités à pratiquer l’idolâtrie, y retombent en
masse. Si ces gens-là ne se mettent pas à l’écart, ne vous offrent pas la
paix et ne s’abstiennent pas de vous agresser, alors saisissez-les et tuez-les
où que vous les trouviez ! Nous vous donnons sur eux plein pouvoir.
[92] Aucun croyant n’a le droit de tuer un autre croyant, si ce n’est par
erreur. Si un tel acte se produit, le coupable devra affranchir un esclave
croyant et verser à la famille de la victime le prix du sang, à moins que les
ayants droit n’en fassent remise. Si la victime est un croyant qui appartient
à un groupe hostile, le meurtrier affranchira seulement un esclave
croyant ; mais si la victime appartient à un groupe auquel vous êtes liés
par un pacte, la remise du prix du sang à la famille et l’affranchissement
d’un esclave croyant seront exigés du meurtrier. Si ce dernier n’en a pas
les moyens, il devra observer un jeûne de deux mois consécutifs, à titre
d’expiation prescrite par Dieu, l’Omniscient, le Sage. [93] Quiconque
donne la mort intentionnellement à un croyant aura pour rétribution la
Géhenne, où il demeurera éternellement, exposé à la colère et à la
malédiction du Seigneur, et sera voué à d’immenses tourments.
[94] Ô vous qui croyez ! Lorsque vous entrez en campagne pour la Cause
de Dieu, soyez clairvoyants ! Ne vous hâtez pas de traiter en ennemi celui
qui vous adresse un salut amical en lui disant : « Tu n’es pas croyant ! »,
dans le but inavoué de lui prendre ses biens. Sachez que Dieu dispose
d’immenses richesses. D’ailleurs, vous-mêmes, vous n’avez pas toujours
été croyants avant que Dieu ne vous ait reçus dans Sa grâce. Agissez donc
avec discernement, car Dieu est parfaitement Informé de ce que vous
faites.
[95] Ceux des croyants qui restent tranquillement chez eux, sans y être
astreints par une incapacité quelconque, ne peuvent être considérés
comme égaux aux croyants qui, dans le combat qu’ils mènent au service
de Dieu, s’exposent aux dangers corps et biens. Aussi Dieu tient-Il en plus
grande estime ceux qui Lui sacrifient leurs biens et leurs personnes. Et
bien que les promesses divines s’étendent aux uns et aux autres, un rang
infiniment supérieur est réservé aux combattants, ainsi qu’une récompense
sans limite. [96] Dieu les élèvera de plusieurs degrés auprès de Lui et leur
accordera pardon et miséricorde. Dieu est Clément et Miséricordieux.
[97] Les anges, venus ôter la vie à ceux qui avaient agi iniquement envers
eux-mêmes, leur demanderont : « Où en étiez-vous sur le plan de la
croyance ? » – « Nous faisions partie des opprimés de la Terre »,
répondront-ils. À quoi les anges répliqueront : « La Terre de Dieu n’était-
elle pas assez vaste pour vous permettre de vous expatrier ? » Ceux-là
auront pour séjour l’Enfer – et quelle triste fin sera la leur ! –, [98] à
l’exception des impuissants parmi les hommes, les femmes et les enfants
qui sont démunis de moyens et incapables de se frayer un chemin. [99] À
ceux-là Dieu accordera Son pardon, car Dieu est Indulgent et
Miséricordieux.
[100] Quiconque s’expatrie pour servir la Cause de Dieu trouvera sur la
Terre de nombreux lieux où s’installer et vivre à l’aise. Quiconque
s’expatrie pour servir la Cause de Dieu et de Son Prophète, et que la mort
vient surprendre, la récompense de Dieu lui est acquise, car Dieu est
Clément et Miséricordieux. [101] Lorsque vous êtes en déplacement, rien
ne s’oppose à ce que vous abrégiez la salât, si vous craignez d’être
inquiétés par les infidèles qui sont pour vous des ennemis déclarés.
[102] Lorsque tu te trouves au milieu des combattants et que tu te disposes
à diriger la salât, qu’une partie des troupes vienne prier avec toi, tout en
gardant ses armes ; et pendant que ceux qui prient se prosternent, les
autres devront se tenir derrière eux, prêts à intervenir en cas de danger.
Puis un deuxième groupe qui n’a pas encore prié viendra accomplir sa
salât avec toi, tandis que le premier groupe qui a déjà effectué sa salât
assurera la garde, toujours en armes. En effet, les négateurs n’attendent
que l’occasion de vous voir distraits de vos armes et de vos bagages pour
fondre sur vous de tout leur poids. Toutefois, il n’y a aucun inconvénient à
ce que vous vous soulagiez pour un moment de vos armes si vous êtes
gênés par la pluie ou si vous êtes malades ; mais il faut rester
constamment vigilants. En vérité, Dieu se charge de réserver aux
négateurs un châtiment avilissant. [103] Quand la salât est terminée,
continuez à invoquer Dieu, que vous soyez debout, assis ou couchés. Une
fois la sécurité retrouvée, reprenez alors l’accomplissement de vos prières
normalement, car la salât est une obligation pour les croyants et elle doit
avoir lieu à des moments précis.
[104] Ne relâchez pas la pression que vous exercez sur vos ennemis, car si
vous souffrez, eux aussi souffrent autant que vous, avec cette différence
que la récompense que vous attendez de votre Seigneur, eux n’ont aucun
espoir d’en bénéficier. Dieu est Omniscient et Sage.
[105] Nous t’avons révélé le Coran, ce Message de vérité, afin que tu
puisses juger entre les hommes d’après ce que Dieu t’aura enseigné. Ne
prends donc jamais sur toi de défendre les scélérats !
[106] Mais demande plutôt au Seigneur Son pardon, car Il est Plein de
clémence et de compassion. [107] Ne prête pas assistance à ceux qui sont
perfides avec eux-mêmes ! Dieu n’aime ni les perfides ni les criminels,
[108] qui font tout pour se cacher des hommes et qui ne se cachent pas de
Dieu, alors qu’Il est avec eux quand ils tiennent des conciliabules qui Lui
déplaisent. Il n’est rien de ce qu’ils font qui puisse échapper à la vigilance
du Seigneur. [109] Vous voilà plaidant leur cause en ce monde ! Mais qui,
le Jour de la Résurrection, plaidera en leur faveur ? Qui osera leur venir en
aide auprès de leur Seigneur ? [110] Celui qui commet une mauvaise
action ou se fait du tort à lui-même trouvera toujours auprès de Dieu, s’il
implore Son pardon, indulgence et miséricorde. [111] Celui qui commet
un péché le commet, en fait, à son propre désavantage. Dieu est
Omniscient et Sage. [112] Celui qui fait une faute ou commet un péché
puis en accuse un innocent se rend coupable d’une infâme félonie et d’un
grave péché.
[113] Sans la grâce et la sollicitude de Dieu en ta faveur, une bande de ces
négateurs aurait tenté de t’égarer. Mais, en réalité, ils n’égarent qu’eux-
mêmes et ne peuvent te causer aucun tort, car Dieu t’a révélé le Coran et
la sagesse, et t’a enseigné ce que tu ne savais pas. Ainsi, la sollicitude du
Seigneur à ton égard a été immense.
[114] Il n’y a rien de bon dans les conversations secrètes qu’ils tiennent,
sauf lorsqu’il s’agit d’ordonner une aumône, d’accomplir une bonne
action ou de rétablir la paix entre les hommes. Celui qui agit ainsi pour
plaire à Dieu, Nous lui attribuerons une magnifique récompense.
[115] Mais celui qui se détache volontairement du Prophète, après avoir
eu connaissance de la Voie du salut, pour suivre un chemin autre que celui
des croyants, celui-là Nous l’abandonnerons au destin qu’il s’est choisi et
Nous le précipiterons ensuite dans la Géhenne, pour qu’il y subisse son
triste sort.
[116] Dieu ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit, mais Il
pardonne à qui Il veut des péchés de moindre importance, car qui associe
à Dieu s’égare profondément. [117] Mais, au fond, qu’invoquent-ils en
dehors de Dieu, sinon des symboles féminins, ainsi qu’un démon rebelle
[118] que Dieu a maudit, et qui a eu l’insolence de dire au Seigneur : « Je
prendrai, de Tes serviteurs, une partie déterminée. [119] Je les égarerai, je
leur inspirerai de vains espoirs, je les inciterai à fendre les oreilles du
bétail et je leur ordonnerai d’altérer la Création du Seigneur. » ?
Quiconque prendra Satan pour maître à la place de Dieu est voué à une
perte certaine, [120] car Satan fait des promesses aux hommes et les berce
de vains espoirs ; mais ses promesses sont toujours trompeuses et
illusoires. [121] Ceux qui le suivront auront pour séjour l’Enfer auquel ils
ne pourront échapper.
[122] Quant à ceux qui ont la foi et qui accomplissent de bonnes œuvres,
Nous les ferons entrer dans des Jardins baignés d’eaux vives, où ils
demeureront éternellement, en vertu d’une promesse solennelle du
Seigneur. Et quelle promesse est plus digne d’être crue que Celle du
Seigneur ? [123] Votre salut ne dépend ni de vos souhaits ni des souhaits
des gens des Écritures ! Quiconque fait du mal aura à en répondre et ne
trouvera personne, en dehors de Dieu, pour le protéger ou le secourir.
[124] Tous ceux, hommes ou femmes, qui, en revanche, auront accompli
de bonnes œuvres tout en ayant la foi seront admis au Paradis ; et tout
dommage, même le plus infime, leur sera épargné. [125] Qui donc
professe une meilleure religion que celui qui se soumet à Dieu, tout en
faisant le bien et en suivant le culte d’Abraham, ce monothéiste
exemplaire dont Dieu a agréé l’amitié ? [126] Dieu est le Maître des Cieux
et de la Terre et Sa science s’étend à toute chose.
[127] Ils te consultent au sujet des femmes, réponds-leur : « Dieu vous
dictera Ses directives à leur sujet, en plus de ce qui vous a déjà été révélé
dans le Coran à propos des orphelines auxquelles vous ne remettez pas ce
qui leur est prescrit et que vous désirez épouser, et au sujet des mineurs
sans soutien. » Sachez que Dieu vous prescrit de traiter tous ces orphelins
avec la plus grande équité, car quelque bien que vous fassiez, Dieu en est
parfaitement Informé.
[128] Au cas où une femme constate de la part de son mari une attitude
hostile ou un certain refroidissement, il n’y a aucun inconvénient à ce que
les deux époux s’ingénient à trouver une formule qui leur permette de se
réconcilier, car rien ne vaut la réconciliation, étant donné que l’égoïsme
est inhérent à la nature humaine. Sachez que si vous faites preuve de
générosité et de piété, Dieu en sera parfaitement Informé ! [129] Vous ne
parviendrez jamais à traiter toutes vos femmes sur le même pied d’égalité,
quel que soit le soin que vous y apportiez. Ne soyez donc pas trop partiaux
au point de laisser l’une d’entre elles dans une fausse situation. Si vous
établissez la concorde dans vos foyers, si vous fuyez toute iniquité, sachez
que Dieu est Clément et Miséricordieux.
[130] Si les deux époux préfèrent se séparer, Dieu, dans Sa généreuse
bonté, assurera à chacun d’eux un meilleur destin, car Dieu est Plein de
largesses et Sa sagesse est infinie !
[131] C’est à Dieu qu’appartient ce qui est dans les Cieux et sur la Terre.
Nous avons déjà recommandé à ceux qui ont reçu avant vous les Écritures,
ainsi qu’à vous-mêmes, de craindre le Seigneur. Mais si vous préférez
l’impiété, cela importe peu à Dieu, car à Lui appartient ce qui est dans les
Cieux et sur la Terre. Dieu Se suffit à Lui-même et Il est Digne de
louange. [132] Dieu détient le Royaume des Cieux et de la Terre ; Sa
protection est largement suffisante ; [133] et il ne tient qu’à Lui, s’Il le
veut, ô hommes, de vous faire disparaître et de vous remplacer par
d’autres créatures. Dieu a tout pouvoir pour le faire ! [134] Que celui qui
recherche la récompense de ce monde sache que cette récompense et celle
de la vie future sont entre les mains du Seigneur qui sait tout et entend
tout.
[135] Ô vous qui croyez ! Observez la stricte vérité quand vous témoignez
devant Dieu, fût-ce contre vous-mêmes, vos parents ou vos proches. Que
ce témoignage concerne un riche ou un pauvre, Dieu porte plus d’intérêt à
l’un et à l’autre que vous-mêmes. Ne vous fiez pas à vos impulsions au
détriment de l’équité. Mais si vous portez un faux témoignage ou si vous
refusez de témoigner, sachez que Dieu est de tous vos actes parfaitement
Informé.
[136] Ô vous qui croyez ! Ayez toujours foi en Dieu, en Son Prophète, au
Coran qu’Il lui a révélé et aux Écritures qui l’ont précédé ! Quiconque
renie Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses prophètes et le Jour dernier s’écarte
à jamais de la Vérité. [137] Ceux qui, après avoir cru, renient leur foi, puis
la retrouvent pour la perdre à nouveau et s’enfermer dans l’impiété, Dieu
ne leur pardonnera jamais ni ne les remettra dans la bonne voie.
[138] Pour toute bonne nouvelle, annonce aux hypocrites qu’un châtiment
douloureux leur est réservé ! [139] Ces hypocrites qui prennent leurs alliés
parmi les infidèles, de préférence aux croyants, comme s’ils étaient à la
recherche de la puissance auprès d’eux. Eh bien ! Qu’ils sachent que la
puissance, toute la puissance, n’appartient qu’à Dieu !
[140] Il vous a déjà été enseigné dans le Coran que, lorsque vous entendez
les impies traiter de mensonge les versets de Dieu et les tourner en
dérision, vous devez aussitôt quitter leur compagnie, à moins qu’ils ne
changent de sujet ; autrement, vous deviendriez leurs complices et Dieu
réunira ensemble dans l’Enfer hypocrites et infidèles,
[141] qui sont toujours là à vous épier. Si Dieu vous accorde une victoire,
ils disent : « N’étions-nous pas là pour vous appuyer ? » Mais si le combat
tourne à l’avantage des infidèles, aussitôt ils leur déclarent : « N’étions-
nous pas là pour vous couvrir et vous protéger des musulmans ? » Dieu
vous départagera au Jour dernier. Mais Dieu ne permettra jamais aux
infidèles de l’emporter sur les croyants.
[142] Les hypocrites croient pouvoir tromper Dieu, mais Dieu fait
toujours retourner leurs stratagèmes contre eux-mêmes. C’est ainsi que,
quand ils s’apprêtent à faire la salât, ils la font avec paresse et
ostensiblement, et n’invoquent Dieu que très rarement. [143] Toujours
indécis, ne sachant quel parti prendre, ils ne sont ni avec les uns ni avec
les autres. Ceux que Dieu égare ne trouveront jamais plus leur voie.
[144] Ô vous qui croyez ! Gardez-vous de prendre vos alliés parmi les
infidèles plutôt que parmi les croyants ! Voudriez-vous donner à Dieu une
raison valable de vous punir ? [145] En vérité, les hypocrites seront
relégués au plus bas degré de l’Enfer, où ils ne pourront recevoir aucun
secours, [146] excepté ceux qui se repentent, s’amendent et s’attachent
fermement à Dieu en Lui vouant un culte sincère. Ceux-là rejoindront les
croyants auxquels Dieu attribuera une récompense sans limites.
[147] Dieu n’a que faire de vous châtier si vous Lui êtes reconnaissants et
si vous avez foi en Lui, car Dieu saura toujours gré à ceux qui Lui sont
reconnaissants, et Sa science embrasse tout l’Univers.
[148] Dieu a horreur des propos méchants émis à haute voix, à moins que
l’on ne soit victime d’une injustice. Dieu est Audient et Omniscient.
[149] Que vous fassiez le bien publiquement ou secrètement, ou que vous
pardonniez le mal, sachez que Dieu est Absoluteur et Omnipotent.
[150] Ceux qui nient Dieu et Ses prophètes, qui tentent de séparer Dieu de
Ses messagers en disant : « Nous croyons aux uns et rejetons les autres »,
voulant ainsi se réserver une voie intermédiaire ; [151] ceux-là sont les
véritables impies, et c’est à ces impies que Nous avons réservé un
châtiment avilissant. [152] Ceux qui, en revanche, croient en Dieu et en
Ses prophètes sans faire aucune distinction entre ces derniers, Dieu leur
accordera leur rétribution, car Il est Clément et Miséricordieux.
[153] Les gens des Écritures insistent pour que tu fasses descendre à leur
intention un Livre du Ciel ! N’avaient-ils pas demandé à Moïse bien plus
encore quand ils lui avaient dit : « Fais-nous voir Dieu face à face ! » ?
Aussi furent-ils frappés par la foudre en punition de tant d’insolence. Puis
ils se mirent à adorer le Veau d’or, en dépit des preuves évidentes qu’ils
avaient reçues. Nous leur pardonnâmes cependant leurs erreurs et Nous
dotâmes Moïse d’une autorité certaine. [154] Nous avons dressé au-dessus
de leurs têtes le mont Sinaï, en échange de l’alliance qu’ils ont contractée
et Nous leur avons dit : « Prosternez-vous en franchissant la porte ! » Et
Nous avons ajouté : « Ne transgressez pas le Sabbat ! », en leur faisant
prendre à ce sujet un engagement solennel.
[155] Mais qu’est-il advenu de leur engagement ? Ils n’ont pas hésité à le
dénoncer, à nier les signes de Dieu, à assassiner injustement les prophètes
et à déclarer que leurs cœurs étaient insensibles à toute croyance, alors
qu’en réalité c’est Dieu qui avait scellé leurs cœurs, en raison de leur
infidélité, au point que seul un petit nombre parmi eux peuvent être
considérés comme de vrais croyants. [156] Ce châtiment, ils l’ont bien
mérité en raison de leur infidélité et à cause de l’ignoble calomnie qu’ils
ont fait courir sur Marie, [157] et également pour avoir dit : « Nous avons
tué le Messie, Jésus, fils de Marie, prophète de Dieu », alors qu’ils ne
l’ont point tué et qu’ils ne l’ont point crucifié, mais ont été seulement
victimes d’une illusion, car même ceux qui se sont livrés ensuite à des
controverses à son sujet sont encore réduits, faute de preuves, à de simples
conjectures. En réalité, ils ne l’ont point tué, [158] mais c’est Dieu qui l’a
élevé vers Lui, car Dieu est Puissant et Sage. [159] Il n’est pas une
personne, parmi les gens des Écritures, qui ne croira pas en lui avant sa
mort. Et, au Jour du Jugement, il se présentera pour témoigner contre eux.
[160] C’est en raison de leur iniquité et du grand nombre de gens qu’ils
ont détournés de la Voie de Dieu que Nous avons interdit aux juifs l’usage
d’excellentes nourritures autrefois autorisées. [161] C’est aussi à cause de
la pratique de l’usure, bien qu’elle leur ait été interdite, et de leur habitude
de s’accaparer injustement des biens d’autrui, que Nous avons préparé
pour ceux d’entre eux qui sont infidèles de terribles tourments.
[162] Mais ceux d’entre eux qui sont enracinés dans la science, ainsi que
ceux qui croient aux révélations qui t’ont été faites et à celles qui les ont
précédées, qui observent la salât, s’acquittent de la zakât, croient en Dieu
et au Jugement dernier, à tous ceux-là Nous accorderons une belle
récompense.
[163] Nous t’avons fait des révélations, comme Nous en avons fait à Noé
et aux prophètes qui l’ont suivi, comme Nous en avons fait à Abraham,
Ismaël, Isaac, Jacob, aux apôtres des douze Tribus ; à Jésus, Job, Jonas,
Aaron, Salomon, et à David auquel furent révélés les Psaumes. [164] Il y a
des prophètes dont Nous t’avons précédemment narré le récit, et d’autres
sur lesquels Nous ne t’avons rien dit. Il est certain que Dieu a adressé la
parole de vive voix à Moïse. [165] Tous ces prophètes ont eu pour mission
d’annoncer la bonne nouvelle aux hommes et de les avertir, afin qu’ils
n’aient, une fois la mission des prophètes accomplie, aucune excuse à
invoquer devant le Seigneur. Dieu est Puissant et Sage.
[166] C’est Dieu Lui-même qui témoigne de ce qui t’a été révélé à bon
escient, et les anges en témoignent aussi, quoique le témoignage de Dieu
soit largement suffisant. [167] Ceux qui donc rejettent la foi et
s’emploient à détourner les autres de la Voie de Dieu se fourvoient fort
loin dans leur égarement. [168] Ceux qui rejettent la foi et se comportent
iniquement, jamais Dieu ne leur pardonnera, ni ne les guidera vers une
autre voie [169] que celle de la Géhenne où ils demeureront éternellement,
car il n’est rien d’aussi facile pour le Seigneur !
[170] Ô hommes ! Le Prophète vous a apporté la Vérité de la part de votre
Seigneur. Croyez-y dans votre propre intérêt ! Mais si vous refusez d’y
croire, cela importe peu au Seigneur ! N’est-Il pas le Maître des Cieux et
de la Terre, l’Omniscient, le Sage ?
[171] Ô gens des Écritures ! Ne soyez pas excessifs dans votre religion !
Dites uniquement la vérité sur Dieu ! Le Messie Jésus, fils de Marie, est
seulement l’envoyé de Dieu, Son Verbe déposé dans le sein de Marie, un
Esprit émanant du Seigneur ! Croyez en Dieu et en Ses prophètes, mais ne
parlez pas de Trinité ! Cessez d’en parler dans votre propre intérêt ! Il n’y
a qu’un seul Dieu ! Et Il est trop Glorieux pour avoir un fils ! N’est-Il pas
le Maître des Cieux et de la Terre ? N’est-Il pas suffisant comme
Protecteur ? [172] Jamais le Messie n’a trouvé indigne de lui d’être le
serviteur de Dieu, pas plus que les anges qui sont les plus proches de Son
Trône. Dieu fera comparaître devant Lui pour les juger ceux qui, par
orgueil, auront refusé de L’adorer.
[173] Ceux qui auront cru et auront fait le bien, Dieu leur accordera une
large récompense, en y ajoutant un surcroît de Sa grâce ; quant à ceux
dont l’arrogance et l’orgueil les auront détournés de la foi, un châtiment
douloureux leur sera infligé et ils ne trouveront, en dehors de Dieu, ni
défenseur ni protecteur.
[174] Ô hommes ! Une preuve irréfutable vient de vous être envoyée par
votre Seigneur, et Nous avons fait descendre sur vous une Lumière
éclatante ! [175] Ceux qui croient en Dieu et s’attachent à Lui, Dieu les
admettra dans le sein de Sa miséricorde et de Sa grâce, et les guidera vers
Lui, sur le droit chemin.
[176] Ils te consultent sur les droits des collatéraux. Dis-leur : « Voici ce
que Dieu prescrit au sujet des collatéraux. Si un homme décède sans
postérité, ne laissant qu’une sœur, celle-ci aura la moitié de l’héritage. Si
c’est elle qui décède, sans laisser d’enfants, son frère aura droit à tout
l’héritage. Si le défunt sans postérité laisse deux sœurs, celles-ci auront
droit aux deux tiers de la succession. Mais s’il laisse des frères et des
sœurs, la part d’un mâle sera égale à celle de deux sœurs. » Dieu vous
donne cette explication pour que vous ne tombiez pas dans l’erreur, car
Dieu a connaissance de toute chose.