SOURATE AL BAQARA

2. Sourate de la Vache (Al-Baqara)
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
[1] Alif - Lâm - Mîm.
[2] Voici le Livre qui n’est sujet à aucun doute. C’est un guide pour ceux
qui craignent le Seigneur ; [3] ceux qui croient à l’invisible, qui
s’acquittent de la salât et qui effectuent des œuvres charitables sur les
biens que Nous leur avons accordés ; [4] ceux qui tiennent pour vrai ce
qui a été révélé à toi et à tes prédécesseurs et qui croient fermement à la
vie future.
[5] Ce sont ceux-là qui suivent la voie tracée par le Seigneur ; ce sont
ceux-là qui connaîtront le vrai bonheur.
[6] Quant aux infidèles, il leur est égal que tu les avertisses ou que tu ne
les avertisses pas. Ils sont rebelles à toute croyance, [7] et Dieu a scellé
leur cœur et leur entendement. De même qu’un voile leur barre la vue, et
ils sont voués à un terrible châtiment.
[8] D’aucuns parmi les hommes disent : « Nous croyons en Dieu et au
Jour dernier », alors qu’ils ne sont pas croyants. [9] Ils cherchent
seulement à tromper Dieu et les véritables croyants, mais en réalité ils ne
trompent qu’eux-mêmes, sans en avoir conscience. [10] Ces gens-là ont le
cœur rongé par un mal profond que Dieu laisse s’aggraver ; de même
qu’un châtiment douloureux leur sera infligé, pour prix de leur mensonge,
[11] car lorsqu’on leur dit : « Ne faites pas de mal sur la Terre ! », ils
répliquent : « Nous ne sommes que des réformateurs. » [12] Qu’y faire ?
Ce sont des êtres malfaisants, mais ils n’en ont pas conscience. [13] Et
lorsqu’on les invite à croire en Dieu, à l’exemple des vrais croyants, ils
s’écrient : « Quoi ! Vous voulez que nous croyions, comme croient ces
insensés ? » Hélas ! Ce sont eux les insensés, mais ils n’en ont pas
conscience.
[14] Cependant, lorsqu’ils rencontrent des croyants, ils leur disent :
« Nous sommes des vôtres » ; mais, dès qu’ils se retrouvent avec leurs
démons, ils se déclarent des leurs en disant : « Nous sommes avec vous.
Nous ne faisions que plaisanter, rien de plus. » [15] C’est Dieu qui les
tournera en dérision le moment venu mais, en attendant, Il les laisse
divaguer dans leur égarement. [16] N’ont-ils pas troqué la Vérité contre
l’erreur ? Ne se sont-ils pas fourvoyés en faisant ce marché de dupes ?
[17] Il en est d’eux comme des gens qui auraient allumé un feu ; mais à
peine ce dernier jette-t-il sa clarté sur les alentours que Dieu en fait
disparaître la lumière, les laissant comme aveugles, plongés dans les
ténèbres. [18] Alors sourds, muets et aveugles, ils ne peuvent plus
retrouver la Voie du Seigneur. [19] On peut les comparer aussi à des gens
qui, au moment où les nues éclatent en pluie, tonnerre et éclairs, se
mettent les doigts dans les oreilles, terrorisés par le fracas de la foudre et
la menace de la mort. Ainsi, Dieu cerne les infidèles de toutes parts.
[20] Et peu s’en faut que l’éclair ne leur ravisse la vue car, à la moindre
lueur, ils se mettent à marcher mais, dès que le ciel s’obscurcit, ils se
figent. Or, si Dieu l’avait voulu, Il les aurait privés de l’ouïe et de la vue,
car Sa puissance n’a point de limite.
[21] Ô hommes ! Adorez votre Seigneur qui vous a créés, vous et ceux qui
vous ont précédés ! Peut-être obtiendriez-vous ainsi le salut de votre âme.
[22] C’est Dieu qui, de la terre, a fait pour vous un lit, et qui, du
firmament, a fait pour vous un abri. C’est Lui qui précipite du ciel la pluie,
grâce à laquelle Il fait germer toutes sortes de récoltes pour assurer votre
subsistance. N’attribuez donc pas d’associés à Dieu ; vous savez
parfaitement qu’il n’en existe point !
[23] Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons révélé à
Notre Serviteur, essayez donc de composer une seule sourate semblable à
une sourate du Coran, et faites venir les témoins que vous vous êtes
donnés en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques. [24] Mais si vous n’y
parvenez pas – et assurément vous n’y parviendrez jamais –, parez-vous
contre l’Enfer qu’alimenteront les hommes et les pierres, et qui est réservé
aux infidèles.
[25] Annonce la bonne nouvelle à ceux qui ont la foi et qui pratiquent le
bien que Nous leur destinons pour demeure des Jardins baignés de
ruisseaux. Et chaque fois qu’on leur en offrira un fruit, ils s’écrieront :
« C’est bien là ce qui nous avait été autrefois servi ! » Or, c’est seulement
quelque chose de semblable qui leur sera servi. Là, ils auront aussi des
épouses immaculées et leur bonheur sera éternel.
[26] Dieu ne répugne nullement à prendre pour exemple un moustique ou
tout être aussi grand soit-il. Les croyants y découvriront la vérité venue de
leur Seigneur, pendant que les négateurs se demanderont : « Quelle
signification Dieu a-t-Il voulu donner à cet exemple ? » Par de tels
exemples, Dieu égare bon nombre de mortels, et en dirige autant vers leur
salut éternel. En vérité, Dieu n’égare que les êtres pervers [27] qui violent
le pacte qu’ils avaient conclu avec Lui, qui rompent les liens qu’Il avait
ordonné de maintenir et qui provoquent le désordre sur la Terre. Ce sont
ceux-là les vrais perdants.
[28] Comment pouvez-vous renier Dieu qui vous a donné la vie en vous
tirant du néant, qui vous fera ensuite mourir, puis vous ressuscitera, pour
vous ramener à Lui ? [29] C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui existe
sur la Terre et qui, ensuite, S’est occupé du firmament, pour en tirer avec
harmonie sept Cieux, dans Sa science infinie.
[30] Puis vint le jour où ton Seigneur dit aux anges : « Je vais installer un
représentant khalîfa sur la Terre. » Et les anges de repartir : « Vas-Tu
établir quelqu’un qui y fera régner le mal et y répandra le sang, alors que
nous chantons Ta gloire et célébrons Tes louanges ? » Le Seigneur leur
répondit : « Ce que Je sais dépasse votre entendement. » [31] Et Il apprit à
Adam tous les noms ; puis les présenta aux anges en leur disant : « Faites-
Moi connaître les noms de tous ces êtres, pour prouver que vous êtes plus
méritants qu’Adam ! » [32] Et les anges de dire : « Gloire à Toi ! Nous ne
savons rien d’autre que ce que Tu nous as enseigné ; Tu es, en vérité,
l’Omniscient, le Sage. » [33] Dieu dit alors : « Ô Adam ! Fais-leur
connaître les noms de ces choses ! » Et lorsque Adam en eut instruit les
anges, Dieu ajouta : « Ne vous avais-Je pas avertis que Je connais le secret
des Cieux et de la Terre, ainsi que les pensées que vous divulguez et celles
que vous gardez dans votre for intérieur ? » [34] Et lorsque Nous dîmes
aux anges : « Prosternez-vous devant Adam ! », ils s’exécutèrent tous à
l’exception de Satan qui refusa avec orgueil, et fut ainsi du nombre des
infidèles. [35] Nous dîmes alors : « Ô Adam ! Installe-toi avec ton épouse
dans le Paradis. Mangez de ses fruits à satiété et où il vous plaira ; mais ne
vous approchez sous aucun prétexte de l’arbre que voici, sinon vous vous
mettriez du côté des injustes ! » [36] Or, Satan les fit trébucher et leur fit
perdre les délices dont ils jouissaient. Nous leur dîmes alors : « Quittez
ces lieux et installez-vous sur la Terre où vous serez ennemis les uns les
autres. Ce sera pour vous un lieu de séjour provisoire et de jouissance
éphémère ! » [37] Cependant, Dieu révéla à Adam une prière qu’il se mit
à répéter pour exprimer son repentir. Et c’est ainsi que son péché fut
pardonné, car Dieu est Plein de clémence et de mansuétude.
[38] Nous dîmes alors : « Descendez tous de ces lieux ! Et toutes les fois
que Je vous ferai parvenir Mes directives, ceux qui les suivront n’auront à
éprouver ni crainte ni chagrin. [39] Quant à ceux qui n’en tiendront pas
compte et qui traiteront Nos signes de mensonges, ceux-là seront voués à
l’Enfer qui constituera leur demeure éternelle. » [40] Ô fils d’Israël !
Reconnaissez les bienfaits dont Je vous ai comblés ! Tenez vos
engagements vis-à-vis de Moi afin que Je tienne les promesses que Je
vous ai faites ! Redoutez Ma colère ! [41] Ayez foi en ce que J’ai révélé et
qui ne fait que confirmer les messages que vous aviez déjà reçus ; ne
soyez donc pas les premiers à les renier et à troquer Mes signes contre un
vil espoir ! Il vous faudra alors craindre Ma colère. [42] Ne dissimulez pas
la Vérité derrière le mensonge ; ne cachez pas la Vérité, alors que vous la
connaissez ! [43] Acquittez-vous de la salât, faites la zakât et inclinez-
vous avec ceux qui s’inclinent.
[44] Seriez-vous hommes à ordonner de faire le bien, tout en oubliant de
le faire vous-mêmes, alors que vous récitez la Lecture ? N’êtes-vous donc
pas raisonnables ? [45] Cherchez du réconfort dans la patience et la salât !
Sans doute la salât est une lourde tâche, mais pas pour les humbles
[46] qui savent qu’ils sont appelés à rencontrer leur Seigneur et que leur
retour vers Lui est inéluctable.
[47] Ô fils d’Israël ! Souvenez-vous des bienfaits dont Je vous ai
comblés ! Rappelez-vous que Je vous ai préférés à tous les peuples de la
Terre ! [48] Redoutez un jour où nulle âme ne sera rétribuée à la place
d’une autre, où nulle intercession ne sera acceptée, où nulle rançon ne sera
admise ni aucun secours ne sera porté aux impies !
[49] Souvenez-vous du jour où Nous vous avons délivrés des gens de
Pharaon qui vous faisaient endurer les pires souffrances en égorgeant vos
fils et en épargnant vos filles ! Ce fut là une bien terrible épreuve de la
part de votre Seigneur ! [50] Souvenez-vous aussi du jour où Nous avons
fendu la mer devant vous, afin de vous sauver et d’engloutir, sous vos
yeux, les gens de Pharaon ! [51] Souvenez-vous également du jour où
Nous avons donné rendez-vous à Moïse pendant quarante nuits et que
vous avez profité de son absence pour adopter le Veau d’or comme idole,
faisant ainsi preuve de votre iniquité.
[52] Mais, malgré cela, Nous vous avons accordé Notre pardon, dans le
but de vous voir manifester votre reconnaissance ! [53] Après quoi, Nous
donnâmes à Moïse le Livre et le Critérium du Bien et du Mal, afin que
vous soyez bien guidés.
[54] Souvenez-vous lorsque Moïse dit : « Ô mon peuple ! Vous vous êtes
fait du tort à vous-mêmes en adoptant le culte du Veau d’or. Repentez-
vous donc à votre Créateur ! Punissez de mort les coupables vous-
mêmes ! Dieu appréciera sûrement ce geste de bonne volonté. » Et
effectivement Dieu accepta votre repentir, car Il est Plein de mansuétude
et de clémence. [55] Et quand vous dîtes : « Ô Moïse ! Nous ne croirons à
ta mission que le jour où nous verrons Dieu face à face », n’aviez-vous
pas vu de vos propres yeux la foudre s’abattre sur vous ? [56] Puis Nous
vous rappelâmes à la vie pour vous voir manifester votre reconnaissance.
[57] Nous projetâmes alors sur vous un nuage pour vous recouvrir de son
ombre, et Nous vous envoyâmes la manne et les cailles, en vous disant :
« Mangez de ces mets délicieux que Nous vous offrons ! », car ce n’était
pas à Nous qu’ils avaient fait du tort, mais c’était bien à eux-mêmes !
[58] Et rappelez-vous lorsque Nous dîmes : « Entrez dans cette cité et
mangez de ses fruits à votre guise, partout où il vous plaira ! Mais, en y
pénétrant, prosternez-vous et demandez la rémission de vos péchés. Vos
fautes vous seront pardonnées et un traitement de faveur sera accordé aux
plus vertueux d’entre vous. » [59] Or, à ces paroles, les prévaricateurs en
substituèrent d’autres. Nous fîmes alors descendre sur eux, pour prix de
leur fourberie, Notre courroux du ciel.
[60] Souvenez-vous lorsque Moïse demanda à Dieu d’étancher la soif de
son peuple et lorsque Nous lui dîmes : « Frappe le rocher de ton bâton ! »
Et aussitôt douze sources en jaillirent, et chaque tribu reconnut la source
où elle devait se désaltérer. « Mangez et buvez des dons que Dieu vous a
octroyés, leur fut-il dit, mais ne semez pas le trouble sur la Terre ! »
[61] Or, vous n’avez pas tardé à dire : « Ô Moïse ! Nous ne pouvons plus
supporter toujours la même nourriture. Invoque ton Seigneur en notre
faveur pour qu’Il fasse pousser pour nous, entre autres produits de la terre,
des légumes, des concombres, de l’ail, des lentilles et des oignons. » –
« Vous voulez donc échanger, leur répondit Moïse, ce qui est bon contre
ce qui l’est moins ? Eh bien, descendez à n’importe quelle ville ! Vous y
trouverez sûrement ce que vous demandez. » Là, ils furent frappés
d’humiliation et d’indigence ; et la colère de Dieu s’abattit sur eux pour
n’avoir pas voulu croire à Ses signes et pour avoir tué injustement Ses
prophètes. Telles furent les suites de leur transgression et de leur
désobéissance.
[62] Certes, ceux qui ont cru, ceux qui ont adopté le judaïsme, les
chrétiens, les sabéens, quiconque parmi eux a cru en Dieu, au Jugement
dernier et a pratiqué le bien trouvera sa récompense auprès de son
Seigneur et ne ressentira ni crainte ni chagrin.
[63] Lorsque Nous acceptâmes votre engagement et redressâmes au-
dessus de vos têtes le mont Sinaï, Nous vous dîmes : « Attachez-vous
fermement à Nos lois et respectez-en les prescriptions. Cela fera peut-être
de vous des hommes pieux. » [64] Mais vous n’avez pas tardé à vous en
détourner. Et sans la grâce de Dieu et Sa miséricorde, vous auriez été du
nombre des damnés. [65] Vous n’avez certainement pas oublié ceux
d’entre vous qui ont transgressé le Sabbat et auxquels Nous avons dit :
« Soyez transformés en singes répugnants ! » [66] Ce fut là une sanction
qui servira d’exemple aux contemporains et à leurs descendants, et un
sujet à méditer pour ceux qui craignent le Seigneur.
[67] Un jour, Moïse dit à son peuple : « Dieu vous ordonne d’immoler une
vache », et il reçut cette réponse : « Est-ce que tu te moques de nous ? » –
« Que Dieu me préserve, dit Moïse, d’être du nombre des gens
inconvenants ! » [68] Les juifs reprirent alors : « Demande donc en notre
nom à ton Seigneur de nous faire connaître de quelle vache il s’agit. » –
« Dieu vous dit qu’il s’agit d’une vache ni trop vieille ni trop jeune, mais
d’un âge moyen. Exécutez donc l’ordre qui vous est donné ! » [69] –
« Demande à ton Seigneur de nous en indiquer la couleur », reprirent-ils.
À quoi Moïse répondit : « Dieu vous dit qu’il s’agit d’une vache d’un
jaune clair et agréable à voir. »
[70] – « Demande à ton Dieu, insistèrent les juifs, de nous donner plus de
détails sur cette vache, car à nos yeux toutes les vaches sont semblables,
et, s’il plaît à Dieu, nous saurons bientôt l’identifier. » [71] Moïse reprit :
« Dieu vous dit qu’il s’agit d’une vache non assujettie aux labours ou à
l’arrosage des champs, et qui n’a aucune infirmité ni aucune tache sur la
robe. » – « Enfin, dirent-ils, tu nous apportes maintenant la vérité. » Et ils
immolèrent alors la vache. Et peu s’en est fallu qu’ils ne l’eussent pas fait.
[72] Rappelez-vous le meurtre que vous aviez commis et dont chacun de
vous cherchait à se disculper. Dieu, cependant, fit éclater la vérité que
vous cherchiez à dissimuler. [73] Nous vous invitâmes à frapper le
cadavre de la victime avec un membre de la vache immolée. C’est ainsi
que Dieu rend la vie aux morts et c’est ainsi qu’Il vous montre Ses signes.
Peut-être finirez-vous par comprendre. [74] Mais, depuis lors, vos cœurs
n’ont fait que s’endurcir. Ils ont même acquis la dureté de la roche, et plus
encore, car, parmi les roches, il en est qui donnent naissance à des
ruisseaux, ou qui se fendent pour livrer passage à des rivières, tandis que
d’autres s’affaissent par crainte du Seigneur. Dieu n’est pas inattentif à
vos agissements.
[75] Gardez-vous encore l’espoir de les voir un jour partager votre foi,
alors que certains d’entre eux ont déjà altéré sciemment la Parole de Dieu,
après en avoir bien saisi le sens ? [76] Rencontrent-ils des croyants, ils
affirment aussitôt : « Nous sommes des vôtres » ; mais dès qu’ils se
retrouvent entre eux, ils se disent : « Allez-vous leur livrer ce que Dieu
vous a enseigné pour qu’ils en tirent argument contre vous, auprès de
votre Seigneur ? Est-ce raisonnable ? »
[77] Oublient-ils que Dieu connaît toutes leurs pensées, des plus
apparentes aux plus intimes ? [78] Il y a parmi eux certains illettrés pour
lesquels la connaissance du Livre se borne à quelques chimères ou à
quelques simples conjectures. [79] Malheur à ceux qui rédigent de leurs
propres mains des écrits et les attribuent à Dieu dans l’espoir d’en tirer un
profit, aussi minime soit-il ! Malheur à eux pour ce que leurs mains ont
tracé et malheur à eux pour le profit qu’ils en tirent ! [80] « De toute
manière, disent-ils, si nous devons subir l’épreuve du Feu, ce ne sera que
pour un nombre limité de jours. » Dis-leur : « Auriez-vous reçu, à ce sujet,
une promesse de votre Seigneur ? Sachez que Dieu ne viole jamais Ses
engagements. Ou est-ce plutôt une simple allégation de votre part ? »
[81] Grave erreur ! La vérité est que ceux qui font le mal au point d’être
cernés par leurs péchés de toutes parts, ceux-là auront l’Enfer pour
demeure éternelle ; [82] tandis que ceux qui croient en Dieu et qui font le
bien auront le Paradis pour séjour éternel.
[83] Nous avons fait prendre aux fils d’Israël l’engagement de n’adorer
que Dieu, d’être bons envers leurs père et mère, leurs proches, les
orphelins et les pauvres ; de tenir des propos bienveillants aux gens,
d’accomplir la salât et de faire la zâkat. Mais, à l’exception de quelques-
uns d’entre vous, vous avez fait volte-face et vous vous êtes dérobés.
[84] Rappelez-vous aussi que vous Nous aviez donné votre engagement
de ne pas verser le sang et de ne pas vous expulser les uns les autres de
vos demeures. Et vous y avez souscrit avec votre propre témoignage.
[85] Or, voilà que vous vous entretuez, que vous chassez de leurs foyers
certains de vos frères, en vous liguant injustement contre eux, pour les
accabler d’abus et d’oppression. Et quand ils tombent en captivité, vous
les rançonnez, alors qu’il vous était interdit de les expulser. Admettriez-
vous seulement une certaine partie du Livre et en rejetteriez-vous le
reste ? Quel traitement devra être réservé à ceux qui agissent de la sorte,
sinon l’ignominie dans ce monde et le châtiment le plus impitoyable dans
l’autre ? Dieu n’est pas inattentif à vos agissements. [86] Ce sont ceux-là
qui ont troqué la vie future contre la vie d’ici-bas. Aucun adoucissement
ne sera apporté à leurs tourments et aucun secours ne leur sera accordé.
[87] Nous avons déjà transmis le Livre à Moïse et, après lui, Nous avons
envoyé d’autres prophètes ; de même que Nous avons doté Jésus, fils de
Marie, de preuves éclatantes, en le faisant soutenir par l’Esprit saint. Alors
jusqu’à quand continuerez-vous à accueillir avec morgue les prophètes,
traitant les uns d’imposteurs et massacrant les autres, chaque fois que le
message qu’ils vous apportent ne flatte pas vos caprices ? [88] « Nos
cœurs, disent-ils, sont inaccessibles à toute croyance. » Non ! C’est plutôt
Dieu qui les a maudits pour leur incrédulité, car il est bien rare qu’ils
croient réellement.
[89] Lorsqu’ils reçurent de la part de Dieu un Livre confirmant leurs
propres Écritures, et alors qu’auparavant ils n’avaient cessé d’implorer
l’assistance divine contre les infidèles, ils refusèrent de croire à ce Livre
qui pourtant leur avait été prédit. Maudits soient donc les infidèles !
[90] Combien est vil le prix contre lequel ils ont troqué leurs âmes
lorsqu’ils ont nié ce que Dieu a révélé et ce, uniquement par dépit, car ils
n’ont pu admettre que Dieu, par un effet de Sa grâce, ait choisi certains de
Ses serviteurs pour les gratifier de la révélation ! Ils se sont ainsi attirés
doublement la colère du Seigneur et le châtiment ignominieux qui sera
réservé aux infidèles. [91] Et quand on leur dit de croire à ce que Dieu a
révélé, ils répliquent : « Nous croyons uniquement à ce qui nous a été
révélé », et ils rejettent les révélations postérieures qui pourtant
confirment, en toute vérité, les révélations antérieures. Demande-leur
alors : « Pourquoi donc faisiez-vous périr auparavant les prophètes de
Dieu, si vous étiez des croyants sincères ? »
[92] Déjà Moïse s’était adressé à vous avec des preuves évidentes ; mais,
pendant son absence, vous avez adopté comme idole le Veau d’or. Vous
êtes vraiment des créatures injustes ! [93] Or, Nous n’en fîmes pas moins,
ensuite, alliance avec vous, et Nous élevâmes le mont Sinaï au-dessus de
vos têtes, en vous disant : « Suivez rigoureusement les lois que Nous vous
avons données et écoutez ce qu’elles vous édictent ! » – « Nous écoutons,
mais nous n’avons cure d’obéir », répliquèrent-ils, car ces négateurs
avaient été fortement marqués par l’amour du Veau d’or. Dis-leur : « Quel
détestable enseignement comporte votre foi, si tant est que vous en ayez
une ! »
[94] Dis-leur encore : « Si vous êtes sûrs que le séjour éternel auprès de
votre Seigneur vous est réservé, à l’exclusion des autres hommes,
souhaitez donc une mort immédiate, pour donner la preuve que vous êtes
sincères ! » [95] Mais ils ne formuleront jamais pareil souhait, sachant
tout le mal qu’ils ont perpétré de leurs mains sur la Terre. Et Dieu connaît
bien les injustes. [96] Et si tu observes ces gens-là, tu constateras qu’ils
sont de tous les hommes, même des païens, les plus avides de vivre, au
point qu’il n’en est aucun parmi eux qui ne désire vivre mille ans. Or,
même une telle longévité ne saurait pour autant les soustraire au châtiment
qui les attend, car rien de ce qu’ils font n’échappe au Seigneur.
[97] Dis à qui se déclare ennemi de Gabriel que c’est lui qui, sur ordre de
Dieu, a déposé progressivement dans ton cœur le Coran qui confirme les
Écritures antérieures et qui constitue en même temps un guide et une
bonne nouvelle pour les fidèles. [98] Que ceux qui s’érigent en ennemis
de Dieu, de Ses anges, de Ses prophètes, de Gabriel et de Michaël sachent
bien que Dieu sera toujours l’ennemi des négateurs.
[99] Prophète ! Nous t’avons révélé des signes évidents que seuls les
pervers osent mettre en doute. [100] Eh quoi ! À chaque fois qu’ils
prennent un engagement, il s’en trouve toujours parmi eux quelqu’un qui
le viole ! Il est vrai qu’ils sont constitués en grande majorité d’infidèles.
[101] Lorsqu’un envoyé de Dieu est venu leur confirmer ce qu’ils avaient
déjà reçu, bon nombre de scripturaires rejetèrent délibérément le Livre de
Dieu, comme s’ils n’avaient jamais été initiés aux Écritures.
[102] Ils ont préféré suivre ce que les démons rapportaient sur le règne de
Salomon. Mais Salomon n’était pas négateur ; ce sont les démons qui
l’étaient et qui apprenaient aux gens la sorcellerie et ce qui avait été
inspiré aux deux anges de Babylone, Hârût et Mârût. Or, ces deux anges
n’apprenaient rien à personne sans lui dire auparavant : « Nous ne
sommes là que pour tenter les hommes ! Prends donc garde de perdre ta
foi ! » Les gens apprenaient d’eux le moyen de séparer le mari de sa
femme, mais ils ne pouvaient nuire à qui que ce soit sans la permission du
Seigneur. D’ailleurs, de telles pratiques les initiaient beaucoup plus à ce
qui était nuisible qu’à ce qui était utile, sans compter que ceux qui s’y
adonnaient savaient bien qu’ils n’auraient aucune part de bonheur dans la
vie future. À quel vil prix ont-ils ainsi aliéné leurs âmes ! Mais le
savaient-ils ? [103] S’ils avaient cru et s’ils avaient craint Dieu, la
récompense qu’ils auraient obtenue eût été bien meilleure ! Mais le
savaient-ils ?
[104] Ô vous qui croyez ! Ne dites pas : « Râ`inâ », mais dites plutôt :
« Unzurnâ ! » Aie pour nous de la sollicitude. Soyez attentifs à cet ordre !
Un châtiment douloureux est réservé aux infidèles. [105] Ni les négateurs
parmi les gens du Livre ni les idolâtres ne voudraient qu’une faveur
quelconque vous soit accordée par votre Seigneur. Mais Dieu réserve Sa
grâce à qui Il veut, car Dieu est le Détenteur de la grâce infinie.
[106] Tout verset que Nous abrogeons ou que Nous faisons oublier aux
gens, Nous le remplaçons aussitôt par un autre verset meilleur ou
équivalent. Ne sais-tu pas que Dieu a pouvoir sur toute chose ? [107] Ne
sais-tu pas que le Royaume des Cieux et de la Terre appartient à Dieu et
que, en dehors de Lui, vous n’avez ni protecteur ni défenseur ?
[108] Voudriez-vous harceler votre Prophète des mêmes questions
insidieuses qu’on posait autrefois à Moïse ? Sachez que quiconque
échange la foi contre l’impiété sera totalement éloigné du droit chemin !
[109] Beaucoup de détenteurs des Écritures, après s’être rendu compte de
la justesse de votre cause, brûlent d’envie, par pure jalousie, de vous faire
abjurer votre foi et de vous ramener à l’impiété. Pardonnez-leur et soyez
indulgents à leur égard jusqu’à ce que la volonté de Dieu s’accomplisse,
car Dieu a pouvoir sur toute chose.
[110] Accomplissez régulièrement la salât et acquittez-vous de la zakât !
Tout bien que vous aurez avancé sur Terre pour votre salut, vous le
retrouverez auprès de votre Seigneur, car Il est Attentif à tous vos actes.
[111] Les gens des Écritures disent : « Seuls les juifs et les chrétiens
entreront au Paradis », exprimant ainsi leurs propres désirs. Réponds-leur :
« Apportez-en la preuve, si vous êtes véridiques ! »
[112] La vérité est que quiconque se soumet à la Volonté divine tout en
faisant le bien, c’est celui-là qui recevra sa récompense du Seigneur et qui
n’aura à éprouver ni crainte ni peine.
[113] Les juifs affirment : « Les chrétiens sont dans l’erreur ! » ; et les
chrétiens, de leur côté, affirment : « Les juifs sont dans l’erreur ! », bien
que les uns et les autres récitent les Écritures. Et les mêmes propos ont été
repris par les non-initiés aux Écritures. Dieu tranchera sur leur différend,
le Jour du Jugement dernier. [114] Y a-t-il pires prévaricateurs que ceux
qui empêchent le Nom de Dieu de retentir dans Ses temples et qui œuvrent
pour les détruire, alors que de pareilles gens ne devraient y pénétrer qu’en
tremblant de peur ? Aussi l’ignominie sera-t-elle leur lot dans ce monde,
et les pires tourments les attendront dans la vie future.
[115] C’est à Dieu qu’appartiennent et le Levant et le Couchant. Ainsi, de
quelque côté que vous vous tourniez, vous trouverez toujours la Face du
Seigneur, car Il est Omniprésent et Omniscient.
[116] Ils disent que Dieu S’est donné un fils. Tant s’en faut ! Sa gloire ne
saurait y consentir ! C’est Lui le Maître des Cieux et de la Terre, et c’est
devant Lui que toute la Création s’incline ; [117] c’est Lui le Créateur
intégral des Cieux et de la Terre, et qui, quand Il décrète une chose, il Lui
suffit de dire : « Sois ! » et la chose est.
[118] Les incrédules disent : « Pourquoi Dieu ne nous adresse-t-Il pas
directement la parole ou ne nous envoie-t-Il pas un miracle ? » Ainsi
parlaient déjà ceux qui les avaient devancés. Même raisonnement, même
mentalité ! Nous avons pourtant donné suffisamment de preuves à ceux
qui croient réellement.
[119] Prophète ! Nous t’avons envoyé, porteur d’un message de Vérité, en
annonciateur de bonnes nouvelles et en avertisseur. Tu n’auras cependant
aucun compte à rendre pour ceux qui sont voués à l’Enfer.
[120] Tu ne seras agréé ni des juifs ni des chrétiens que lorsque tu auras
suivi leur confession. Dis : « Il n’est d’autre voie de la vérité que Celle de
Dieu ! » Cependant, si par hasard tu accédais à leurs désirs, après la
science que tu as reçue, tu te trouverais devant Dieu sans défense ni
secours. [121] Ceux à qui Nous avons donné le Livre et qui le récitent
correctement, ceux-là y croient réellement ; tandis que ceux qui en
dénaturent le sens sont les véritables perdants. [122] Rappelez-vous,
enfants d’Israël, les faveurs dont Je vous ai comblés et la préférence que
Je vous ai accordée sur tous les peuples de la Terre ! [123] Redoutez le
jour où aucune âme ne pourra prêter assistance à une autre âme, où aucun
rachat ne pourra être effectué en sa faveur, où nulle intercession ne sera
admise et où les négateurs ne pourront bénéficier d’aucun secours !
[124] Souvenez-vous lorsque Dieu, voulant mettre à l’épreuve Abraham,
lui édicta certaines prescriptions dont il s’acquitta avec bonheur, et que
Dieu lui dit alors : « Je ferai de toi un guide spirituel pour les hommes. » –
« Et ma descendance bénéficiera-t-elle de cette faveur ? », demanda
Abraham. « Ma promesse, dit le Seigneur, ne saurait s’appliquer aux
pervers. » [125] C’est alors que Nous fîmes du temple de la Ka`ba un lieu
de retraite et un havre de paix pour les hommes, en leur recommandant de
faire de la station d’Abraham un lieu de prière. De même que Nous
confiâmes à Abraham et à Ismaël le soin de préserver la pureté de Notre
temple à l’intention de ceux qui viendront y accomplir des circuits rituels,
faire une retraite ou s’incliner et se recueillir. [126] Abraham adressa au
Seigneur cette prière : « Seigneur ! Fais de cette cité un lieu inviolable et
prospère pour ceux de ses habitants qui croient en Toi et au Dernier
Jour ! » Dieu répondit : « Quant aux infidèles, Je ne leur accorderai
qu’une jouissance passagère, avant de les acculer au supplice de l’Enfer.
Et ce sera pour eux un bien triste sort ! »
[127] Et pendant qu’Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Ka`ba,
ils disaient : « Seigneur ! Daigne accepter de nous cet ouvrage ! Tu es
l’Audient, Tu es l’Omniscient ! [128] Seigneur ! Fais de nous des croyants
entièrement soumis à Ta volonté, et de notre postérité, un peuple
également soumis à Tes lois ! Fais-nous connaître les rites que nous
devons observer et accepte notre repentir, car Tu es le Miséricordieux, Tu
es le Clément ! [129] Seigneur ! Envoie-leur un prophète issu d’eux-
mêmes, qui leur récitera Tes versets, leur enseignera l’Écriture et la
sagesse et les purifiera de leurs fausses croyances ! Tu es, en vérité, le
Puissant, le Sage ! »
[130] Mais qui donc se détournera, à moins d’être un esprit insensé, du
culte d’Abraham ? Cet apôtre que Nous avons élu en ce monde, et qui
siégera parmi les justes dans la vie future ; [131] Abraham auquel Dieu a
dit : « Soumets-toi ! », et qui aussitôt répondit : « Je me soumets au Maître
de l’Univers ! » [132] Abraham qui fit cette recommandation à ses
enfants, suivi en cela par Jacob : « Ô mes enfants ! Dieu a choisi pour
vous cette religion. Que votre soumission à Dieu soit totale et entière
jusqu’à votre mort ! »
[133] Étiez-vous témoins lorsque, sur son lit de mort, Jacob demanda à ses
enfants : « Qu’allez-vous adorer après moi ? » – « Nous adorerons,
répondirent-ils, ton Dieu qui est aussi le Dieu de tes pères, Abraham,
Ismaël, Isaac, l’Unique Dieu auquel notre soumission est totale et
entière » ? [134] Une telle génération a disparu. À elle ce qu’elle a acquis
et à vous ce que vous avez acquis. Vous n’aurez donc nullement à
répondre de leurs actes.
[135] À ceux qui disent : « Faites-vous juifs ou chrétiens et vous serez
dans le droit chemin ! » Réponds : « Non ! Suivons plutôt le culte
d’Abraham, ce pur monothéiste qui ne s’est jamais compromis avec les
païens ! » [136] Dites : « Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé,
à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et aux Tribus ; à ce
qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été révélé aux prophètes par
leur Seigneur, sans établir entre eux aucune différence. Et c’est à Dieu que
nous sommes entièrement soumis. » [137] Si les gens du Livre adhèrent à
votre croyance, ils seront dans la bonne voie ; et, s’ils s’en détournent,
c’est qu’ils auront opté pour la rébellion. Dieu te protégera de leur mal,
car Dieu entend tout et sait tout. [138] Baptême de Dieu ! Qui donc peut
donner le baptême mieux que Dieu Lui-même ? C’est à Lui que nous
vouons une adoration continuelle. [139] Dis-leur : « Qu’avez-vous à
disputer avec nous à propos de Dieu, alors qu’Il est notre Seigneur et le
vôtre ? Certes, nos œuvres sont à nous, comme les vôtres sont à vous,
mais nous sommes sincères envers Dieu. »
[140] Ou bien dites-vous que Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus
étaient juifs ou chrétiens ? Réponds-leur : « Qui en est le mieux renseigné,
vous ou Dieu ? Y a-t-il quelqu’un de plus injuste que celui qui dissimule
un témoignage qu’il détient du Seigneur ? Or, Dieu n’est pas inattentif à
ce que vous faites. » [141] Une telle génération a disparu. À elle ce qu’elle
a acquis et à vous ce que vous avez acquis. Vous n’aurez donc nullement à
répondre de leurs actes.
[142] Les insensés parmi les hommes ne tarderont pas à dire : « Qui les a
donc détournés de la direction qibla vers laquelle ils s’orientaient pour la
salât ? » Dis-leur : « Orient et Occident appartiennent également à Dieu,
qui dirige qui Il veut vers le droit chemin. »
[143] C’est ainsi que Nous avons fait de vous une communauté du juste
milieu afin que vous soyez témoins parmi les hommes et que le Prophète
vous soit témoin. Nous n’avions fixé la direction vers laquelle tu
t’orientais initialement que pour distinguer ceux qui suivraient le Prophète
de ceux qui se détourneraient de lui. Certes, le changement de direction
fut une épreuve difficile, mais pas pour ceux que Dieu conduit dans le
droit chemin. Et ce n’est pas Dieu qui vous ferait perdre votre foi, car
Dieu est Plein de bonté et de compassion pour les hommes. [144] Nous
t’avons vu souvent interroger le ciel du regard. Aussi t’orientons-Nous
dorénavant vers une direction que tu agréeras sûrement. Tourne donc ta
face vers la Mosquée sacrée ! Et vous, croyants, où que vous soyez,
tournez-vous dans cette même direction ! Quant à ceux qui ont reçu
l’Écriture, ils savent parfaitement que cette vérité émane du Seigneur qui
n’est point inattentif à leur comportement.
[145] Quelles que soient les preuves que tu fourniras à ceux qui ont reçu
l’Écriture, ils n’adopteront pas ton orientation qibla, pas plus que toi tu
n’adopteras la leur. D’ailleurs, aucun d’eux-mêmes n’est disposé à adopter
celle de l’autre. Si donc tu te laissais tenter par leurs caprices, malgré la
science que tu as reçue, tu ferais certainement partie du contingent des
injustes.
[146] Ceux à qui Nous avons donné l’Écriture connaissent bien le
Prophète, comme ils connaissent leurs propres enfants. Mais certains
d’entre eux cachent sciemment la vérité. [147] Or, la vérité vient de ton
Seigneur. Ne te laisse donc pas gagner par le doute !
[148] À chacun une direction vers laquelle il s’oriente pour accomplir sa
salât. Mais l’essentiel est de chercher à vous surpasser les uns les autres
dans l’accomplissement du bien, car, où que vous soyez, Dieu vous
ramènera tous à Lui. En vérité, la puissance de Dieu s’étend à toute chose.
[149] De quelque lieu que tu sortes, oriente-toi vers la Mosquée sacrée !
Là est la Vérité venue de Dieu qui n’est point inattentif à ce que vous
faites. [150] De quelque lieu que tu viennes, oriente-toi vers la Mosquée
sacrée ! Où que vous vous trouviez, tournez vos visages dans la même
direction, afin de ne pas donner prise aux critiques des hommes, excepté
celles qui émanent des injustes parmi eux. Ceux-là, vous n’avez pas à les
craindre. C’est Moi que vous devez redouter, afin que Je parachève Ma
grâce en votre faveur et que vous soyez guidés dans la Voie du salut.
[151] C’est ainsi que Nous vous avons envoyé un Prophète choisi parmi
vous, qui vous récite Nos versets, vous purifie, vous apprend le Livre et la
Sagesse et vous enseigne ce que vous ignoriez. [152] Souvenez-vous de
Moi, Je me souviendrai de vous ! Soyez reconnaissants envers Moi ! Ne
soyez pas ingrats ! [153] Ô croyants ! Cherchez du réconfort dans la
patience et la salât ! Dieu est, en vérité, avec ceux qui savent s’armer de
patience.
[154] Ne dites pas de ceux qui sont tombés au service de Dieu qu’ils sont
morts, car ils sont bien vivants, mais vous n’en avez pas conscience.
[155] Certes, Nous vous soumettrons à quelques épreuves en vous
exposant de temps à autre à la peur et à la faim, en vous faisant endurer
quelques pertes dans vos biens, dans vos personnes et dans vos récoltes.
Mais tu Prophète peux annoncer une heureuse issue à ceux qui souffrent
avec patience ; [156] à ceux qui, lorsqu’un malheur les touche, disent :
« Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous ferons retour ! »
[157] C’est sur ceux-là que Dieu étendra Sa bénédiction et Sa miséricorde,
et ce sont ceux-là qui sont dans le droit chemin.
[158] La course entre as-Safâ et al-Marwâ fait partie des rites prescrits par
Dieu. Celui qui accomplit le hajj pèlerinage à La Mecque ou seulement la
`umra simple visite peut sans inconvénient effectuer cette course. Dieu
saura gré à quiconque se porte volontaire pour accomplir une œuvre pie,
car Il sait tout. [159] Ceux qui dissimulent les signes évidents et la bonne
direction que Nous avons clairement révélés dans le Livre, ceux-là seront
maudits de Dieu et de tous ceux qui peuvent les maudire, [160] à
l’exception de ceux qui se repentent, s’amendent, divulguent la vérité. À
ceux-là J’accorderai Mon pardon, car Je suis Plein de clémence et de
compassion. [161] Les négateurs qui vivent et meurent en tant que tels
encourront à la fois la malédiction de Dieu, celle des anges et celle de tous
les hommes. [162] Et cette malédiction les poursuivra éternellement, sans
que leurs tourments puissent jamais connaître ni répit ni allégement.
[163] Votre Dieu est Unique. Il n’y a d’autre divinité que Lui. Il est le
Dieu de la bonté et de la miséricorde.
[164] Dans la création des Cieux et de la Terre, dans l’alternance de la
nuit et du jour, dans les vaisseaux qui sillonnent la mer, chargés de tout ce
qui peut être utile aux hommes ; dans l’eau que Dieu précipite du ciel pour
vivifier la terre, après sa mort, et dans laquelle tant d’êtres vivants
pullulent ; dans le régime des vents et dans les nuages astreints à évoluer
entre ciel et terre ; dans tout cela n’y a-t-il pas autant de signes éclatants
pour ceux qui savent réfléchir ?
[165] Il est des hommes qui prennent en dehors de Dieu des associés
qu’ils se mettent à aimer à l’égal de Dieu Lui-même ! Mais ce sont les
croyants qui vouent à Dieu le plus grand amour. Ah ! Si les injustes
pouvaient entrevoir le supplice qui les attend, ils verraient alors que la
puissance entière appartient à Dieu seul et que Dieu, quand Il sévit, le fait
toujours avec rigueur. [166] Et ce jour-là, à la vue du supplice, les
meneurs renieront ceux qui les auront suivis, et toute attache sera rompue
entre eux, [167] alors que leurs disciples s’écrieront à leur tour : « Ah !
S’il nous était possible de retourner sur Terre, nous désavouerions nos
meneurs, comme ils nous ont désavoués. » Et c’est ainsi que Dieu les
mettra en face de leurs œuvres, sans que leurs regrets les mettent pour
autant à l’abri de l’Enfer.
[168] Ô hommes ! Mangez de ce que la terre vous offre de licite et
d’agréable ! Ne marchez pas sur les traces de Satan qui est votre ennemi
mortel ! [169] Il ne vous suggère que le mal et les turpitudes ; il vous
incite à tenir sur Dieu des propos dont vous ne saisissez même pas le sens.
[170] Lorsqu’on dit aux infidèles : « Conformez-vous à ce que Dieu a
révélé ! », ils rétorquent : « Non ! Nous devons plutôt nous conformer à ce
que nous ont légué nos ancêtres ! » Eh, quoi ! Les suivraient-ils même
s’ils manquaient de discernement, même s’ils étaient dans l’erreur ?
[171] Ces infidèles font songer à des animaux qui n’entendent que les
sons et les cris des appels confus qu’on leur lance, et qui, sourds, muets et
aveugles, sont incapables d’en saisir le sens.
[172] Ô vous qui croyez ! Mangez de ces bonnes choses dont Nous vous
avons gratifiés et rendez grâce au Seigneur, si c’est vraiment Lui que vous
adorez ! [173] Il vous interdit seulement de consommer la bête morte, le
sang, la viande de porc et celle de tout autre animal sur lequel on aura
invoqué un autre nom que Celui de Dieu. Cependant, si on se trouve
contraint d’en consommer par nécessité, et non par insoumission ni
désinvolture, on ne commet aucun péché, car Dieu est Clément et
Miséricordieux.
[174] Ceux qui dissimulent ce que Dieu a révélé du Livre et qui le
troquent à vil prix, c’est comme s’ils remplissaient de feu leurs entrailles.
Dieu ne leur adressera pas la parole le Jour du Jugement dernier et ne leur
accordera pas Son pardon ; mais un châtiment douloureux leur sera
infligé. [175] Voilà ceux qui échangent la Vérité contre l’erreur et qui
troquent le pardon de Dieu contre le châtiment de l’Enfer ! Et quelle
endurance il leur faudra pour supporter les affres de la Géhenne ! [176] Il
en est ainsi parce que Dieu a révélé le Livre en tant que Message de vérité,
et que ceux qui se livrent à des controverses à son sujet s’engagent dans
une profonde divergence.
[177] La piété ne consiste pas à tourner sa face du côté de l’Orient ou de
l’Occident ; la piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges,
aux Livres et aux prophètes ; la piété, c’est donner de son bien – quelque
attachement qu’on lui porte – aux proches, aux orphelins, aux indigents,
aux voyageurs et aux mendiants ; la piété, c’est aussi racheter les captifs,
accomplir la salât, s’acquitter de la zakât, demeurer fidèle à ses
engagements, se montrer patient dans l’adversité, dans le malheur et face
au péril. Telles sont les vertus qui caractérisent les croyants pieux et
sincères !
[178] Ô vous qui croyez ! La loi du talion vous est prescrite en matière de
meurtre : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme
pour femme. Si l’ayant droit consent une remise de cette peine au
meurtrier, ce dernier sera poursuivi modérément et il devra s’acquitter du
prix du sang avec empressement. C’est là une mesure d’allégement et de
miséricorde pour vous de la part de votre Seigneur. Mais quiconque
transgresse, par la suite, ce compromis sera sévèrement sanctionné.
[179] La loi du talion constitue pour vous une garantie de vie, ô gens
doués d’intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Dieu.
[180] Il vous est prescrit, lorsque l’un d’entre vous est sur le point de
mourir en laissant quelques biens, de faire un testament en faveur de ses
père et mère et de ses parents les plus proches, suivant l’usage établi.
C’est un devoir pour ceux qui craignent le Seigneur. [181] Ceux qui
dénaturent les dispositions d’un testament, après en avoir pris
connaissance, commettent un délit dont ils sont seuls à supporter les
conséquences, car Dieu sait tout et entend tout.
[182] Celui qui, craignant une partialité ou une illégalité de la part du
testateur, fait accepter un compromis par les parties intéressées ne commet
aucun péché, car Dieu est Clément et Miséricordieux.
[183] Ô croyants ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux
peuples qui vous ont précédés, afin que vous manifestiez votre piété.
[184] Ce jeûne devra être observé pendant un nombre de jours bien
déterminé. Celui d’entre vous qui, malade ou en voyage, aura été empêché
de l’observer devra jeûner plus tard un nombre de jours équivalant à celui
des jours de rupture. Mais ceux qui ne peuvent le supporter qu’avec
grande difficulté devront assumer, à titre de compensation, la nourriture
d’un pauvre pour chaque jour de jeûne non observé. Le mérite de celui qui
en nourrira davantage ne sera que plus grand. Mais savez-vous qu’il est
préférable pour vous de jeûner ? [185] Le mois de Ramadan est celui au
cours duquel le Coran a été révélé pour guider les hommes dans la bonne
direction et leur permettre de distinguer la Vérité de l’erreur. Quiconque
parmi vous aura pris connaissance de ce mois devra commencer le jeûne.
Celui d’entre vous qui, malade ou en voyage, aura été empêché de le faire
devra jeûner plus tard un nombre de jours égal à celui des jours de jeûne
non observés. Dieu tient ainsi à vous faciliter l’accomplissement de vos
devoirs religieux et non à vous le rendre difficile. Achevez donc la période
du jeûne et louez Dieu pour vous avoir guidés, afin de Lui prouver votre
reconnaissance.
[186] Si Mes serviteurs t’interrogent à Mon sujet, qu’ils sachent que Je
suis tout près d’eux, toujours disposé à exaucer les vœux de celui qui
M’invoque. Qu’ils répondent donc à Mon appel et qu’ils aient foi en Moi,
afin qu’ils soient guidés vers la Voie du salut.
[187] Il vous est permis, la nuit qui suit une journée de jeûne, d’avoir des
rapports avec vos épouses, qui sont un vêtement pour vous autant que
vous l’êtes pour elles. Dieu sait que vous vous êtes clandestinement livrés
à de tels rapports ; mais Il ne vous en tient pas rigueur et vous accorde Son
pardon. Désormais, vous pouvez cohabiter avec vos femmes en vous
tenant à ce que Dieu vous prescrit. Mangez et buvez jusqu’au moment où
vous pourrez distinguer un fil blanc d’un fil noir, à la pointe de l’aube. À
partir de cet instant, observez une abstinence totale jusqu’à la tombée de la
nuit. N’ayez aucun rapport avec vos femmes, durant votre retraite
spirituelle dans les mosquées. Telles sont les limites que Dieu vous
impose, ne les transgressez pas. C’est ainsi que Dieu explique clairement
Ses versets aux hommes afin qu’ils Le craignent.
[188] Ne vous dépouillez pas injustement les uns les autres de vos biens !
Ne les offrez pas non plus aux juges dans l’espoir de vous accaparer
illégalement et en toute connaissance de cause d’une partie des biens
appartenant à autrui ! [189] On t’interroge sur les nouvelles lunes. Dis-
leur : « Ce sont des moyens pour les hommes de mesurer le temps et de
déterminer l’époque du pèlerinage. » La piété ne consiste nullement à
s’introduire dans les maisons par la porte de derrière. La vraie piété est
dans la crainte révérencielle du Seigneur. C’est donc par les portes
habituelles que vous devez entrer dans vos demeures, et c’est également
Dieu que vous devez craindre, si vous tenez à réussir. [190] Combattez
dans la Voie de Dieu ceux qui vous combattent, sans jamais outrepasser
les limites permises, car Dieu n’aime pas ceux qui les transgressent.
[191] Tuez-les partout où vous les trouvez et chassez-les d’où ils vous ont
chassés, car la subversion est pire que le meurtre. Ne les combattez pas,
cependant, auprès de la Mosquée sacrée, à moins qu’ils ne vous y
attaquent les premiers. Dans ce cas, n’hésitez pas à les tuer. Ce sera la
juste récompense des infidèles. [192] S’ils cessent de vous attaquer,
sachez que Dieu est Clément et Miséricordieux. [193] Combattez-les sans
répit jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de subversion et que le culte soit rendu
uniquement à Dieu. S’ils cessent le combat, ne poursuivez les hostilités
que contre les injustes récalcitrants. [194] S’ils respectent votre mois
sacré, respectez le leur. Mais s’il y a violation de leur part, la loi du talion
devra être appliquée. Quand quelqu’un vous agresse, usez de réciprocité
en proportion du dommage causé. Craignez Dieu et sachez qu’Il est avec
ceux qui Le craignent.
[195] Faites des largesses pour soutenir la Cause de Dieu ! Ne vous
exposez pas, de votre propre initiative, à la perdition ; mais agissez de la
manière la plus bienfaisante et judicieuse, Dieu aime les gens bons et
judicieux.
[196] Accomplissez, pour Dieu, le pèlerinage et la `umra. En cas
d’empêchement, faites en compensation une offrande selon vos moyens.
Mais abstenez-vous de vous raser la tête tant que l’offrande n’est pas
parvenue à son lieu de destination. Celui d’entre vous qui, malade ou
atteint d’une affection à la tête, était obligé de se raser sera tenu de se
racheter par un jeûne, une aumône ou un sacrifice. Une fois la sécurité
rétablie, celui qui aura profité de son séjour pour effectuer la `umra, en
attendant la période du pèlerinage, devra faire une offrande selon ses
moyens. Mais s’il n’en a pas, il devra jeûner trois jours pendant le
pèlerinage et sept jours une fois rentré chez lui, soit dix jours au total, et
cela incombe uniquement à celui dont la famille ne réside pas près de la
Mosquée sacrée. Craignez donc Dieu et sachez que Dieu est Implacable
quand Il sévit.
[197] Le pèlerinage s’effectue en des mois déterminés. Quiconque s’y
engage devra s’interdire tout rapport sexuel, tout libertinage et toute
dispute durant la période du pèlerinage. Quelque bien que vous fassiez,
Dieu en a toujours connaissance. Prenez des provisions de route, mais
votre meilleur viatique sera la crainte révérencielle du Seigneur. Craignez-
Moi, hommes doués d’intelligence ! [198] Il n’est pas interdit, pendant le
pèlerinage, de rechercher quelques faveurs de votre Seigneur par la
pratique du négoce. Lorsque vous déferlez de Arafa, rappelez le Nom de
Dieu auprès du Repère sacré et glorifiez-Le pour vous avoir mis sur la
bonne voie, alors qu’auparavant vous étiez du nombre des égarés !
[199] Après quoi, déferlez par où s’effectuent les processions, et
demandez pardon à Dieu, car Dieu est Clément et Miséricordieux.
[200] Une fois ces rites terminés, invoquez Dieu comme vous invoquez
d’habitude vos pères, mais avec une ferveur plus vive encore. Mais il est
certaines personnes qui disent seulement : « Seigneur ! Accorde-nous une
belle part dans ce monde ! » Ceux-là n’auront aucune part dans la vie
future. [201] Et il en est d’autres qui disent : « Seigneur ! Accorde-nous
une belle part dans ce monde et une belle part dans la vie future, et
préserve-nous des tourments de l’Enfer ! » [202] Ceux-là auront une part
conforme à ce qu’ils auront mérité et Dieu est prompt dans Ses comptes.
[203] Invoquez Dieu pendant les jours fixés. Mais celui qui en réduit le
nombre à deux jours ne commet point de péché, pas plus que celui qui
retarde son départ, à condition qu’il fasse preuve de piété. Craignez donc
Dieu et sachez que c’est vers Lui que vous serez rassemblés !
[204] Il est des gens qui te charment par les propos qu’ils tiennent sur la
vie de ce bas monde, allant jusqu’à prendre Dieu à témoin de la pureté de
leurs sentiments, alors qu’ils sont, au fond, les plus irréductibles des
chicaneurs, [205] car, dès qu’ils te tournent le dos, ils s’empressent de
semer le désordre sur la Terre, saccageant récoltes et bétail. Dieu n’aime
pas les semeurs de désordre. [206] Et lorsqu’on leur dit : « Craignez
Dieu ! », leur arrogance pécheresse ne connaît plus de limites. Ainsi
l’Enfer aura-t-il raison d’eux. Et quelle affreuse demeure ! [207] Mais il
en est d’autres qui se sacrifient pour être agréés par Dieu, et Dieu est Plein
de bonté pour Ses serviteurs.
[208] Ô croyants ! Rangez-vous tous sous la bannière de l’islam ! Gardez-
vous de suivre les traces de Satan ! Il est pour vous un ennemi déclaré.
[209] Et si, malgré les preuves évidentes qui vous sont parvenues, vous
cédez à la tentation, sachez que Dieu est Puissant et Sage !
[210] Qu’attendent ces infidèles ? Peut-être s’attendent-ils à voir venir
vers eux Dieu et Ses anges, à l’ombre des nuages, et que leur sort soit
ainsi réglé ? Mais c’est à Dieu que tout sera ramené.
[211] Demande aux fils d’Israël combien de preuves éclatantes ne leur
avons-Nous pas données. Mais celui qui dénature les bienfaits que Dieu
lui a accordés doit savoir que Dieu est Terrible quand Il sévit. [212] La vie
d’ici-bas exerce sur les négateurs un tel attrait qu’ils se permettent de se
moquer des croyants. Mais ceux qui craignent Dieu seront placés bien
plus haut que ces négateurs, le Jour du Jugement dernier, car Dieu
dispense Ses bienfaits à qui Il veut, sans compter.
[213] Les hommes ne formaient, à l’origine, qu’une seule communauté.
Dieu leur envoya les prophètes pour annoncer la bonne nouvelle et lancer
un avertissement ; de même qu’Il a fait descendre avec eux le Livre
renfermant la Vérité afin d’arbitrer les différends qui opposent les
hommes. Or, ce sont ceux-là mêmes qui avaient reçu le message qui
entrèrent en désaccord à son sujet, en dépit des preuves évidentes qui leur
furent apportées et ce, par pur esprit de rivalité. Puis Dieu, dans Sa
sollicitude, voulut bien guider les croyants vers cette part de vérité sur
laquelle justement les autres disputaient, car Dieu dirige qui Il veut dans le
droit chemin.
[214] Espérez-vous accéder au Paradis sans avoir été éprouvés comme
l’ont été ceux qui vous ont précédés ? Ils ont connu des malheurs et des
calamités ; ils ont été secoués par l’adversité au point que leur prophète et
ceux qui le suivaient en vinrent à se demander : « À quand donc le secours
du Seigneur ? » Certes, le secours de Dieu est toujours proche ! [215] Ils
te demandent à qui il faut porter aide. Dis-leur : « Que votre aide aille à
vos père et mère, à vos proches, aux orphelins, aux pauvres et aux
voyageurs démunis, car quelque bien que vous fassiez, Dieu en est
parfaitement Informé. »
[216] Il vous est prescrit de combattre, et cette prescription, vous l’avez en
horreur. Mais il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose qui
constitue pourtant un bien pour vous ; et il se peut que vous chérissiez une
autre, alors qu’elle constitue un mal pour vous. Dieu le sait ; mais vous,
vous ne le savez pas.
[217] Ils t’interrogent aussi sur le mois sacré et s’il y est permis de
combattre. Réponds-leur : « Certes, combattre en ce mois est un vrai
sacrilège ! Mais éloigner les gens de la Voie de Dieu, renier Dieu,
détourner les fidèles de la Mosquée sacrée et chasser de son enceinte ceux
qui l’habitent est un sacrilège bien plus grave encore auprès de Dieu, car
la subversion est plus grave que la guerre. » Les infidèles ne cesseront de
vous combattre tant qu’ils ne vous auront pas détournés de votre foi, si
toutefois ils réussissent à le faire. Or, ceux d’entre vous qui renieront leur
foi et mourront en état d’infidélité perdront à jamais le bénéfice de leurs
œuvres dans cette vie et dans la vie future, et seront voués au châtiment du
Feu. [218] Tandis que ceux qui ont cru, qui ont émigré et qui ont combattu
pour la Cause de Dieu, ceux-là peuvent espérer en Sa miséricorde, car Il
est Clément et Miséricordieux.
[219] Ils t’interrogent sur le vin et le jeu de hasard. Réponds-leur : « Dans
l’un comme dans l’autre, il y a un grave péché et quelques avantages pour
les hommes ; mais le péché l’emporte largement sur les avantages qu’on
peut en tirer. » Ils t’interrogent également sur ce qu’ils doivent dépenser
en aumône, dis-leur : « Selon vos moyens ! » Tels sont les enseignements
que Dieu vous donne pour vous amener à réfléchir,
[220] sur la vie présente et sur la vie future. Quant aux orphelins, tu diras
à ceux qui t’interrogent à leur sujet : « Améliorer leur condition est une
bonne œuvre. Si vous les fréquentez, traitez-les en frères ! » Dieu sait qui
fait le mal et qui fait le bien. Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait rendu votre
tâche plus difficile à supporter, car Il est Puissant et Sage.
[221] N’épousez pas les femmes idolâtres tant qu’elles n’ont pas acquis la
foi. Une esclave croyante est préférable à une idolâtre libre, même si
celle-ci a l’avantage de vous plaire. Ne mariez pas vos filles aux idolâtres
tant qu’ils n’ont pas acquis la foi. Un esclave croyant vaut mieux qu’un
négateur libre, même si ce dernier a l’avantage de vous plaire, car les
négateurs vous convient à l’Enfer, alors que Dieu, par un effet de Sa
grâce, vous invite au Paradis et à l’absolution de vos péchés. Dieu
explique avec clarté Ses versets aux hommes, afin de les amener à
réfléchir.
[222] Ils t’interrogeront aussi sur les menstrues. Réponds-leur : « La
menstruation est une souillure. Tenez-vous à l’écart de vos femmes durant
cette période ; n’ayez point de rapports charnels avec elles tant qu’elles ne
se sont pas purifiées. Mais une fois qu’elles sont en état de pureté,
reprenez vos rapports avec elles, comme Dieu vous l’a prescrit. » Dieu
aime ceux qui se repentent et ceux qui se purifient. [223] Vos femmes
sont pour vous comme un champ de culture. Allez à vos champs comme
vous l’entendez. Constituez-vous un capital de bonnes œuvres et craignez
Dieu, en vous rappelant que vous aurez à Le rencontrer ! Annonce donc
cette bonne nouvelle aux croyants ! [224] Ne faites pas du Nom de Dieu,
dans vos serments, un prétexte pour vous dispenser de faire le bien, d’être
pieux ou d’établir la bonne entente entre les gens, alors que Dieu entend
tout et sait tout.
[225] Dieu vous tiendra rigueur non pas d’un serment que vous aurez
prononcé à la légère, mais de celui que vous aurez proféré en toute
conscience, car Dieu est Clément et Plein de mansuétude. [226] À ceux
qui jurent de ne plus approcher leurs femmes, un délai d’attente de quatre
mois est accordé. Mais s’ils reviennent sur leur serment avant l’expiration
de ce délai, Dieu sera à leur égard Clément et Miséricordieux. [227] Si, au
contraire, le serment est maintenu, alors Dieu entend tout et sait tout.
[228] Les femmes divorcées sont tenues d’observer un délai d’attente de
trois périodes menstruelles. Il leur est interdit de dissimuler les germes de
maternité que Dieu a pu déposer en leur sein, pour peu qu’elles croient en
Dieu et au Jour dernier. Durant cette attente, les maris ont un droit
prioritaire à reprendre leurs épouses, s’ils désirent se réconcilier. Les
épouses ont autant de droits que de devoirs qu’il faut respecter suivant le
bon usage, bien qu’une certaine préséance reste acquise aux maris. Dieu
est Puissant et Sage.
[229] La répudiation ne peut être prononcée que deux fois. En cas de
reprise : ou on garde sa femme et on la traite avec égards, ou on lui rend
sa liberté sans lui causer aucun préjudice. Il n’est pas permis au mari de
reprendre quoi que ce soit de la dot qu’il lui avait donnée, à moins que les
deux conjoints ne craignent d’outrepasser les limites que Dieu a fixées en
continuant à vivre ensemble. Si pareilles craintes existent, il n’y aura
aucun inconvénient à ce que la femme rachète sa liberté au mari. Telles
sont les limites établies par Dieu. Ne les transgressez pas, car c’est faire
preuve d’injustice que de les transgresser. [230] Si le mari répudie une
troisième fois sa femme, il ne lui est plus permis de la reprendre que
lorsqu’elle aura épousé un autre homme, et que ce dernier l’aura, à son
tour, répudiée. C’est à cette condition que les anciens époux pourront,
sans tomber dans le péché, se remarier, s’ils pensent pouvoir respecter les
prescriptions divines. Telles sont les lois que Dieu décrète à l’usage des
gens doués d’entendement.
[231] Lorsque la femme répudiée arrive au terme de sa retraite légale, le
mari devra soit la reprendre d’une manière convenable, soit la libérer
décemment. Il lui est interdit de la retenir contre son gré avec l’intention
de lui nuire. Agir ainsi, c’est se faire du tort à soi-même. Ne prenez pas à
la légère les enseignements de Dieu, mais rappelez-vous plutôt les
bienfaits dont Il vous a comblés, ainsi que le Livre et la Sagesse qu’Il vous
a révélés pour vous exhorter. Craignez Dieu ! Sachez qu’Il connaît tout !
[232] Lorsque la femme que vous avez répudiée a accompli sa retraite, ne
l’empêchez pas de revenir à son ex-mari, si tous les deux l’ont
honnêtement décidé. Ce conseil s’adresse à ceux d’entre vous qui croient
en Dieu et au Jour dernier. Cela est plus sain et plus honnête pour vous,
car seul Dieu sait ce qui vous convient, et vous, vous ne le savez pas.
[233] Les mères qui veulent parfaire l’allaitement de leurs bébés les
allaiteront deux années entières. Le père de l’enfant est tenu de pourvoir à
la nourriture et à l’habillement de la mère d’une manière convenable.
Mais à l’impossible nul n’est tenu, et un enfant ne doit pas être une source
d’ennuis pour la mère ni pour le père. La même obligation incombera, le
cas échéant, aux héritiers du père. Si les parents décident d’un commun
accord de sevrer leur enfant, cela n’implique aucun inconvénient. De
même qu’aucune faute ne vous sera imputée, si vous mettez votre enfant
en nourrice, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue.
Craignez Dieu, et sachez qu’Il voit parfaitement ce que vous faites !
[234] Les femmes qui ont perdu leurs maris sont tenues d’observer une
période de viduité de quatre mois et dix jours. Passé ce délai, vous n’êtes
plus responsables de la manière dont elles disposeront honnêtement
d’elles-mêmes. Dieu est bien Informé de ce que vous faites. [235] Vous ne
commettez aucun péché en faisant discrètement une proposition de
mariage à l’une de ces veuves en période de viduité ou en nourrissant
simplement l’espoir de le faire. Il n’échappe pas à Dieu qu’une telle
pensée peut vous effleurer l’esprit. Mais ne vous liez pas à elles par des
promesses secrètes et ne leur tenez pas des propos malhonnêtes ! Ne
concluez donc le mariage qu’à l’expiration du délai imparti. Sachez que
Dieu connaît toutes vos pensées ! Craignez-Le et n’oubliez pas qu’Il est
Clément et Miséricordieux.
[236] Aucun grief ne vous sera fait si vous répudiez une femme avec
laquelle vous n’aurez pas cohabité, et à laquelle vous n’aurez pas fixé de
dot. Faites-lui cependant, à titre de consolation, et de la manière la plus
convenable, un présent dont l’importance variera selon que vous serez
riche ou pauvre. C’est là une obligation pour les gens disposés à faire le
bien. [237] Si vous répudiez une femme sans avoir consommé le mariage,
mais après avoir fixé sa dot, la moitié de celle-ci devra lui être versée, à
moins qu’elle n’en fasse remise elle-même ou son représentant. Mais il est
méritoire de se montrer conciliant de part et d’autre. N’oubliez pas d’user
de bonté et de générosité les uns envers les autres, car rien de ce que vous
faites n’échappe au Seigneur.
[238] Soyez assidus aux prières, notamment à la prière médiane ! Et que
le culte que vous rendez au Seigneur soit observé avec humilité ! [239] En
cas de danger, il vous est permis d’accomplir vos prières en marchant ou
en étant sur le dos de vos montures. Dès que la sécurité est rétablie,
reprenez votre prière comme Dieu vous l’a enseignée lorsque vous ne le
saviez pas encore. [240] Il est recommandé à ceux d’entre vous qui sont
mariés d’assurer, avant de mourir, à leurs femmes, par testament, leur
entretien pendant une année au domicile conjugal, sans risque d’en être
expulsées. Mais si elles le quittent de leur propre gré, alors aucun reproche
ne vous sera fait pour la manière dont elles disposeront honnêtement
d’elles-mêmes. Dieu est Puissant et Sage. [241] Les femmes répudiées ont
droit à un pécule convenable. Le leur assurer est un devoir pour ceux qui
craignent le Seigneur. [242] C’est ainsi que Dieu vous expose clairement
Ses signes. Peut-être saurez-vous y réfléchir.
[243] Considère le cas de ceux qui, par milliers, furent contraints de fuir
leurs foyers, par crainte de la mort, et auxquels Dieu a dit : « Mourez
donc ! » Puis Il les rappela à la vie, car Dieu est Plein de bonté pour les
hommes ; mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas Ses bienfaits.
[244] Combattez donc pour la Cause de Dieu et sachez que Dieu entend
tout et sait tout. [245] Quiconque consent à faire un prêt gracieux à Dieu,
Dieu le lui rendra au décuple, car c’est Lui qui décrète l’abondance ou la
parcimonie et c’est vers Lui que se fera votre retour.
[246] Connais-tu l’histoire de ces notables israélites qui allèrent trouver,
après la mort de Moïse, un de leurs prophètes, pour lui dire : « Désigne-
nous un roi sous les ordres duquel nous irons combattre pour la Cause de
Dieu ! » – « N’est-il pas à craindre, leur dit le prophète, que vous refusiez
de combattre, si l’ordre de le faire vous est donné ? » – « Et pourquoi ne
combattrions-nous pas pour la Cause de Dieu, répliquèrent-ils, nous qui
avons été chassés de nos foyers et séparés de notre progéniture ? » Mais,
lorsque le combat leur fut prescrit, ils tournèrent tous le dos à l’ennemi, à
l’exception d’une poignée d’entre eux. Dieu connaît bien les pervers.
[247] Leur prophète leur dit : « Dieu vous envoie Saül comme roi. » Ils
s’écrièrent alors : « Comment pourrait-il régner sur nous ? Nous avons
plus de droits que lui au trône ! Et il n’a même pas l’avantage de la
fortune ! » Le prophète répondit : « Dieu l’a choisi de préférence à vous
tous et Il l’a favorisé en science et en force physique, car Dieu donne le
pouvoir à qui Il veut ; Il est Omniprésent et Omniscient. » [248] Et leur
prophète ajouta : « Le signe de son investiture sera le retour du reliquaire
qui sera porté par des anges et contiendra, en guise de réconfort de la part
de votre Seigneur, des reliques de la famille de Moïse et de la famille
d’Aaron. C’est là un signe indubitable pour vous, pour peu que vous soyez
des croyants sincères. »
[249] Et lorsque Saül se mit en route avec ses troupes, il leur dit : « Dieu
va vous mettre à l’épreuve à la traversée de la rivière. Quiconque en boira
ne sera plus des miens ; seul celui qui s’abstiendra d’y goûter ou se
contentera d’en puiser une gorgée dans le creux de la main sera des
miens. » Or, à la traversée de la rivière, ils y burent tous à l’exception de
quelques-uns. Et lorsque Saül eut franchi avec ses compagnons la rivière,
ces derniers s’écrièrent : « Nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui
d’affronter Goliath et ses troupes. » Tandis que ceux qui avaient foi dans
leur rencontre avec le Seigneur ripostèrent : « Que de fois n’a-t-on pas vu
un petit groupe triompher d’une grande armée, par la grâce du Seigneur,
car Dieu est avec ceux qui savent s’armer de patience ! »
[250] Et lorsqu’ils firent face à Goliath et à ses troupes, ils s’écrièrent :
« Seigneur ! Arme-nous de patience ! Affermis nos pas et accorde-nous la
victoire sur ce peuple infidèle ! » [251] Ils mirent leurs ennemis en
déroute par la grâce de Dieu. David tua Goliath et Dieu lui donna le
pouvoir et la sagesse, et lui enseigna ce qu’Il voulait. Si Dieu ne
repoussait les hommes les uns par les autres, il y aurait partout le chaos
sur la Terre. Dieu est Plein de bonté pour les hommes.
[252] Ce sont là des signes de Dieu. Nous te les communiquons en
message de vérité, car tu es, à n’en point douter, du nombre des
prophètes ;
[253] ces prophètes entre lesquels Nous avons établi une certaine
hiérarchie. Dieu a parlé à certains d’eux ; à d’autres Il a accordé un rang
privilégié. À Jésus, fils de Marie, Nous avons donné des preuves
évidentes, et Nous l’avons fait assister par l’Esprit de sainteté. Et si Dieu
l’avait voulu, les hommes, après les messagers qui leur furent envoyés et
les preuves indubitables qui leur furent fournies, ne se seraient point entre-
tués. Mais ils se divisèrent si bien que les uns crurent et les autres
sombrèrent dans l’incrédulité. Si donc Dieu l’avait voulu, ils ne se seraient
point entre-tués, mais la Volonté de Dieu doit toujours s’accomplir.
[254] Ô vous qui croyez ! Donnez en aumône une partie des biens que
Nous vous avons octroyés, avant que ne vienne un jour où il n’y aura plus
ni rachat, ni amitié, ni intercession. Ce sont les négateurs qui sont les vrais
injustes.
[255] Dieu ! Il n’y a point de divinité que Lui, le Vivant, l’Immuable ! Ni
l’assoupissement ni le sommeil n’ont de prise sur Lui, et tout ce qui est
dans les Cieux et sur la Terre Lui appartient. Aucune intercession auprès
de Lui ne peut être tentée sans Sa permission. Il connaît le passé et
l’avenir des hommes, alors que ces derniers n’appréhendent de Sa science
que ce qu’Il veut bien leur enseigner. Son Trône s’étend sur les Cieux et la
Terre qu’Il tient sous Sa puissance sans difficulté. Il est le Très-Haut, Il est
le Tout-Puissant.
[256] Point de contrainte en religion maintenant que la Vérité se distingue
nettement de l’erreur. Désormais, celui qui renie les fausses divinités pour
vouer sa foi au Seigneur aura saisi l’anse la plus solide, sans crainte de
rupture. Dieu est Audient et Omniscient.
[257] Dieu est le Maître tutélaire de ceux qui ont foi en Lui. Il les fait
émerger des ténèbres vers la lumière ; tandis que les infidèles ont pour
patrons leurs fausses divinités qui les arrachent de la lumière pour les
plonger dans les ténèbres et les faire choir pour l’éternité dans l’Enfer.
[258] Connais-tu l’histoire de cet homme à qui Dieu avait donné la
royauté et qui, imbu de son pouvoir, engagea une dispute avec Abraham
au sujet de son Seigneur ? Abraham avait dit : « C’est mon Dieu qui
donne la vie et la mort. » – « Non, rétorqua l’homme, c’est moi qui fais
vivre et mourir. » Abraham lui dit alors : « Dieu fait venir le soleil de
l’Orient. Fais-le donc, toi, venir de l’Occident ! » Et l’impie resta
confondu, car Dieu ne guide point les ingrats.
[259] C’est comme ce voyageur qui, passant près d’une ville déserte et en
ruines, s’interrogea : « Comment Dieu ferait-Il pour rendre la vie à cette
cité après sa mort ? » Dieu le fit alors mourir et le laissa ainsi pendant cent
ans, puis le ramena à la vie, en lui disant : « Combien de temps es-tu
demeuré ainsi ? » – « Un jour ou peut-être moins », répondit l’homme.
« Non, dit le Seigneur, tu es resté cent ans inanimé. Jette un coup d’œil sur
ta nourriture et ta boisson ! En sont-elles pour autant gâtées ? Regarde
aussi ton âne ! Nous voulons faire de toi un signe pour le genre humain.
Observe comment Nous rassemblons les os de ton âne et comment Nous
les recouvrons de chair ! » Édifié, l’homme s’écria : « Je reconnais que
Dieu a pouvoir sur toute chose ! »
[260] Rappelle-toi quand Abraham dit : « Seigneur ! Montre-moi
comment Tu ressuscites les morts. » – « Aurais-tu encore quelque doute à
ce sujet ? », lui répondit Dieu. « Non, Seigneur, reprit Abraham, c’est
seulement pour apaiser mon cœur. » – « Prends donc, lui dit le Seigneur,
quatre oiseaux ; découpe-les et répartis-en les morceaux sur des collines
différentes ; puis rappelle-les, ils accourront vers toi. Souviens-toi que
Dieu est Puissant et Sage. »
[261] Ceux qui dépensent leurs biens pour la Cause de Dieu sont à l’image
d’un grain qui produit sept épis contenant chacun cent grains. C’est ainsi
que Dieu multiplie Sa récompense à qui Il veut, car Dieu est Omniprésent
et Omniscient. [262] Ceux qui dépensent leurs biens pour la Cause de
Dieu, sans chercher à en tirer vanité ni à porter préjudice à autrui, ceux-là
trouveront leur rétribution auprès de leur Seigneur et n’auront à éprouver
ni crainte ni peine.
[263] Une seule parole agréable, une simple excuse valent mieux qu’une
aumône suivie de propos désobligeants. Dieu Se suffit à Lui-même et Il
est Plein d’indulgence.
[264] Ô croyants ! Ne rendez pas vain le mérite de vos œuvres de charité
par des gestes ou des propos désobligeants, à l’instar de celui qui fait des
largesses par ostentation, sans croire ni en Dieu ni au Jugement dernier.
Cet homme-là est comparable à un rocher que recouvre un peu de terre. Il
suffit qu’une averse l’atteigne pour qu’il soit complètement dénudé. Et
c’est ainsi que les impies ne tireront aucun profit des œuvres qu’ils avaient
acquises, car Dieu ne dirige pas les infidèles.
[265] Ceux qui, au contraire, dépensent leurs biens en vue de plaire à Dieu
et de fortifier leur foi font songer à un verger situé sur une colline. Qu’une
forte pluie l’arrose, et sa récolte s’en trouvera doublée. Et même à défaut
de pluie, une simple rosée suffira à l’humecter. Dieu observe parfaitement
ce que vous faites.
[266] Quel est celui d’entre vous qui, atteint de vieillesse et chargé
d’enfants en bas âge, voudrait avoir un jardin complanté de palmiers et de
vignes, parcouru par des ruisseaux et rempli de toutes sortes d’arbres
fruitiers, pour assister ensuite à sa destruction par une tempête infernale ?
C’est par de tels exemples que Dieu vous explique Ses signes, afin de
vous amener à réfléchir.
[267] Ô croyants ! Donnez en aumône du meilleur de ce que vous
possédez et des produits que Nous faisons sortir pour vous de la terre ! Ne
vous précipitez pas sur ce qui est vil pour en faire dépense et que vous
n’accepteriez vous-mêmes qu’en faisant la grimace ! Sachez que Dieu est
Riche et Digne de louange.
[268] Satan vous menace du spectre de la misère et vous recommande de
commettre des turpitudes, pendant que Dieu vous fait espérer Son pardon
et Sa grâce, car Dieu est Incommensurable et Omniscient. [269] Dieu
donne la sagesse à qui Il veut et quiconque reçoit la sagesse jouira d’un
immense bonheur. Mais seuls les êtres intelligents sont enclins à méditer
et à se recueillir.
[270] Quelque aumône que vous fassiez, quelque vœu que vous formuliez,
Dieu en a toujours connaissance. Quant aux injustes, ils n’ont personne
pour les soutenir. [271] Faire l’aumône publiquement est certes une bonne
action ; mais la faire discrètement au profit des pauvres est un acte plus
méritoire qui contribuera davantage à la remise d’une partie de vos
péchés, car de tout ce que vous faites, Dieu est parfaitement Informé.
[272] Il ne t’incombe pas, ô Prophète, de guider les hommes vers le droit
chemin. C’est à Dieu seul qu’il appartient de diriger qui Il veut dans Sa
Voie. Tout ce que vous dépensez en aumône le sera à votre seul profit,
puisque vous ne le faites qu’en vue de plaire à Dieu ; et tout le bien que
vous faites vous sera largement remboursé et vous ne serez nullement
lésés.
[273] Que vos aumônes aillent de préférence aux indigents qui, se vouant
à la Cause de Dieu, sont incapables de parcourir le monde en vue de
gagner leur subsistance. À voir l’attitude si digne de ces pauvres, on les
prendrait pour des gens à l’abri du besoin. C’est à cet aspect particulier
qu’on les reconnaît, car ils n’importunent personne de leurs demandes.
Quelque secours que vous leur portiez, Dieu en sera toujours Informé.
[274] Tous ceux qui, de nuit et de jour, en secret et en public, dépensent
leurs biens, par charité, trouveront leur récompense auprès de leur
Seigneur et n’auront à connaître ni angoisse ni peine.
[275] Ceux qui pratiquent l’usure se présenteront, le Jour de la
Résurrection, comme des aliénés possédés par le démon et ce, pour avoir
affirmé que l’usure est une forme de vente, alors que Dieu a permis la
vente et a interdit l’usure. Celui qui, instruit par cet avertissement, aura
renoncé à cette pratique pourra conserver ses acquis usuraires antérieurs et
son cas relèvera du Seigneur ; mais les récidivistes seront voués au Feu
éternel. [276] Dieu réduira à néant le profit usuraire et fera fructifier le
mérite des aumônes. Dieu n’aime pas tout impie endurci et tout pécheur.
[277] Ceux qui croient, font le bien, observent la salât et s’acquittent de la
zakât auront leur récompense auprès de leur Seigneur et seront à l’abri de
toute crainte et de toute peine.
[278] Ô vous qui croyez ! Craignez votre Seigneur et renoncez à tout
reliquat d’intérêt usuraire, si vous êtes des croyants sincères ! [279] Et si
vous ne le faites pas, attendez-vous à une guerre de la part de Dieu et de
Son Prophète. Mais si vous vous repentez, vos capitaux vous resteront
acquis. Ainsi, vous ne léserez personne et vous ne serez point lésés.
[280] Si votre débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu’à ce
qu’il soit en mesure de se libérer de sa dette. Si vous pouviez savoir
pourtant quel mérite vous auriez en lui consentant une remise gracieuse,
totale ou partielle !
[281] Redoutez le Jour où vous serez tous amenés à comparaître devant
Dieu, et où chacun sera largement rétribué selon ses œuvres, sans subir la
moindre injustice.
[282] Ô croyants ! Lorsque vous contractez une dette à terme, consignez-
la par écrit et qu’un rédacteur requis par vous en enregistre les clauses
avec fidélité. Un scribe n’a pas le droit de se dérober à cette obligation,
mais il doit s’en acquitter comme Dieu le lui a enseigné. Qu’il note donc
ce que lui dicte le débiteur qui doit avoir présent à l’esprit la crainte du
Seigneur et ne doit rien dissimuler de la dette. Mais si le débiteur est
frappé d’incapacité morale ou physique, ou s’il est incapable de dicter lui-
même, c’est à son représentant légal de stipuler honnêtement pour lui. À
cet effet, choisissez deux témoins parmi vous de sexe masculin ou, à
défaut, un homme et deux femmes parmi les personnes présentant les
garanties requises d’honorabilité, en sorte que si l’une oublie un détail,
l’autre sera là pour le lui rappeler. Les témoins requis ne doivent pas
refuser leur témoignage. N’omettez pas de mettre par écrit tout acte de
prêt, quel qu’en soit le montant, et d’en préciser l’échéance. Cette façon
de procéder est plus équitable auprès de Dieu, car non seulement elle
confère plus d’autorité au témoignage, mais aussi elle écarte de lui toute
espèce de doute ; à moins qu’il s’agisse d’une simple opération
commerciale à vue, que vous réglez sur-le-champ, et auquel cas vous
pouvez vous dispenser de la consigner par écrit. À part ce cas précis, faites
toujours appel à des témoins pour constater vos transactions, mais toute
contrainte ou violence qui serait exercée sur le scribe ou le témoin
constituerait un acte immoral de votre part. Craignez donc Dieu ! Et Il
vous instruira, car Sa science n’a point de limite. ^^* [283] Si vous êtes en
voyage et ne trouvez pas de scribe, exigez la remise d’un gage. Si l’un
d’entre vous confie sans témoin un dépôt à un autre, que le dépositaire le
restitue à son propriétaire et qu’il craigne son Seigneur. Ne dissimulez pas
le témoignage. Quiconque s’en rend coupable commettra un péché en son
âme et conscience, car rien de ce que vous faites n’échappe au Seigneur.
[284] Tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre appartient à Dieu. Que
vous révéliez donc vos pensées ou que vous les dissimuliez, vous aurez à
en rendre compte à votre Seigneur. Il pardonnera à qui Il veut et châtiera
qui Il veut, car Sa puissance n’a point de limite.
[285] Le Prophète croit pleinement à ce que lui a révélé son Seigneur,
ainsi que les fidèles. Tous ensembles croient en Dieu, à Ses anges, à Ses
Écritures et à Ses messagers, sans faire aucune distinction entre Ses
prophètes. Ils affirment : « Nous avons entendu et nous avons obéi.
Pardonne-nous, Seigneur, car c’est vers Toi que tout doit faire retour ! »
[286] Dieu n’impose rien à l’âme qui soit au-dessus de ses moyens. Tout
bien qu’elle aura accompli jouera en sa faveur, et tout mal qu’elle aura
commis jouera contre elle. « Seigneur ! Ne nous tiens pas rigueur de nos
omissions et de nos erreurs ! Seigneur ! Épargne-nous les terribles
épreuves que Tu as fait subir à nos prédécesseurs ! Seigneur ! Ne nous
impose pas d’obligations qui soient au-dessus de nos forces ! Accorde-
nous Ton pardon, fais-nous remise de nos péchés et reçois-nous dans le
sein de Ta miséricorde ! Tu es notre Maître ! Accorde-nous la victoire sur
les peuples infidèles ! »